Guerre au Moyen-Orient : Le mouvement AFC/M23 ne sait plus exporter l’or de la contrebande vers Dubaï

A quelque chose, malheur est bon. La riposte de l’artillerie iranienne sur les monarchies du golfe y persique suite aux frappes américano-israéliennes entraîne des dégâts collatéraux graves sur le mouvement rebelle, à la solde de Kigali, établie à Goma. Le mouvement AFC/M23 ne sait plus exporter vers Dubaï l’or de la contrebande qu’il exerce dans les contrées-est de la RDC que les forces rwandaises l’ont aidé à prendre possession.

La société Twangiza mining a accusé, il y a peu, l’AFC/M23 d’avoir pillé sa concession dans le Sud-Kivu, plus de 500 kg d’or emportés. Des rapports des experts de l’ONU ont indiqué, courant 2025, que l’AFC/M23 a exploité l’or de Lemera (Sud-Kivu) en imposant une taxe de 30 % sur la production. Selon des informations fournies par l’ONU en mars 2026, la contrebande de minerais, principalement l’or, permet à l’AFC/M23 de générer plus d’un million de dollars par mois pour financer ses activités. Mais la rébellion téléguidée par Kigali subit de plein fouet des dégâts collatéraux de la crise au Moyen-Orient. Le trafic aérien a cessé au lendemain de la riposte à l’aveugle du régime de Mollah.

Quasiment la totalité de l’or de la région atterrit à Dubaï. Butembo, principal centre de négoce de l’or artisanal provenant notamment de Lubero, Manguredjipa, Bunyatenge et Walikale, agglomérations restées sous contrôle gouvernemental, les transactions des pierres précieuses tournent aussi au ralenti. Mais à Goma, c’est le marasme du fait que tout se fait au marché noir.

Le blocus de Dubaï, la destination privilégiée de l’or artisanal du Nord-Kivu, plombe les finances de la rébellion. Contacté par la presse, un négociant local parle d’une situation qui va mal en pis. « La guerre de l’Iran nous a impactés, dit-il. Nous sommes dans l’angoisse. L’argent ne provient plus de Dubaï. Nous n’avons plus de liquidité pour acheter de l’or. Et le prix est perturbé. Plus question de suivre la bourse. Vraiment, ça impacte l’économie des minerais ».

Au-delà de la baisse des achats, c’est tout le mécanisme de financement informel qui se grippe. De nombreux opérateurs utilisaient traditionnellement l’or comme moyen de transfert de fonds afin d’approvisionner leurs commerces en produits manufacturés à Dubaï. Avec les restrictions de circulation, la suspension de certains vols et le climat d’insécurité, ce circuit parallèle s’est pratiquement asséché. Goma est financièrement exsangue. Le franc rwandais devient l’ultime recours quoique mal accueilli par la population. Ici, la fermeture des banques commerciales sur ordre de Kinshasa a quasiment porté les activités mercantiles à l’échafaud. Toutes les villes de la région ne sont pas épargnées.

Aujourd’hui, à notre bureau, comptoir d’achat d’or, nous n’avons aucun franc. Nous achetons à crédit. Vraiment, nous dépendons du Moyen-Orient, confie un autre négociant à la presse.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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