Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé ce jeudi 9 juillet sa profonde préoccupation face à l’aggravation de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans une déclaration officielle, il a dénoncé les conséquences des récents affrontements sur les populations civiles et appelé à des efforts urgents pour mettre fin aux violences.
Selon le Haut-Commissaire, les combats se sont intensifiés au cours des deux dernières semaines entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et le mouvement armé M23, soutenu par les Forces de défense rwandaises, dans les territoires de Fizi et de Mwenga, au Sud-Kivu. Les affrontements ont notamment impliqué l’utilisation de drones armés, d’artillerie lourde et d’autres armes explosives dans des zones habitées, causant des pertes en vies humaines, des blessés ainsi que la destruction de biens et de moyens de subsistance.
« Il est profondément préoccupant de constater que, malgré les accords conclus dans le cadre des processus de paix en cours, les combats se poursuivent sans relâche dans l’est de la RDC, tuant, blessant et déplaçant des civils, et détruisant leurs moyens de subsistance », a déclaré Volker Türk.
Inquiétude autour de Mulima et des Hauts Plateaux
Le Haut-Commissaire a particulièrement évoqué les violents affrontements survenus les 4 et 5 juillet autour du village de Mulima, dans le territoire de Fizi. Il a exhorté les parties au conflit à mettre un terme immédiat aux hostilités et à prendre des mesures concrètes pour protéger les populations civiles.
« J’exhorte les forces armées congolaises et le M23 à renoncer immédiatement à toute nouvelle violence et à agir de toute urgence pour apaiser les tensions », a-t-il déclaré.
Volker Türk a également mis en garde contre les conséquences de l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’action dans des zones densément peuplées, estimant que leurs effets sur les civils sont particulièrement dévastateurs.
Par ailleurs, le Haut-Commissaire redoute une aggravation de la crise humanitaire avec de nouveaux déplacements de populations vers d’autres régions de la RDC ou vers les pays voisins. Il a aussi évoqué le risque accru de violations des droits humains, notamment les exécutions extrajudiciaires et les violences sexuelles liées au conflit.
Appel à une mobilisation régionale et internationale
Face à cette situation, Volker Türk a rappelé l’obligation des parties au conflit de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave aux populations affectées.
Il a également appelé le Rwanda à mettre fin à son soutien au M23 et à retirer ses troupes du territoire congolais. Dans le même temps, il a encouragé les autorités congolaises à poursuivre leurs efforts de démobilisation, de désarmement et de rapatriement des combattants des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Enfin, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exhorté les acteurs régionaux ainsi que la communauté internationale à renforcer les initiatives diplomatiques en cours afin d’éviter une nouvelle escalade de la violence dans les Hauts et Moyens Plateaux du Sud-Kivu.
Selon lui, seule une action concertée et rapide permettra de réduire les souffrances des populations civiles et de préserver les avancées enregistrées dans les différents processus de paix en cours dans la région.
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