Incursion des rebelles du M23 appuyés par les militaires rwandais dans le Rutshuru : Fatshi doit-il toujours faire confiance à son « frère » Kagame ?

Lundi 28 mars 2022 dans la matinée, les rebelles du M23 ont fait une incursion dans les localités de Chanzu et Runyonyi dans le groupement de Bwisha et Jomba en territoire de Rutshuru. Ils ont attaqué les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

D’après le général Sylvain Ekenge, porte-parole du Gouvernement provincial du Nord-Kivu, le M23 est soutenu par les forces armées du Rwanda. Il en veut pour preuve la capture de deux militaires rwandais dans les rangs de ces rebelles. Il s’agit de l’adjudant Habiarimana Jean-Pierre, matricule AP 27779 et du soldat des rangs, Wajeneza Muhindi John alias Wadje. Les deux sont du 65ième bataillon de la 425ième Brigade d’infanterie des Forces de défense du Rwanda (FDR).

« Des sources crédibles précisent le nom de leur unité et l’identité de leurs commandants de bataillon et de brigade. Le 65ième bataillon et la 425ième brigade commandés respectivement par le lieutenant-colonel Rolindo Joseph et le général Kumbito Eugène, sont basés à Jarama au camp militaire Kibungo au Rwanda », a déclaré à la presse le général Sylvain Epenge qui s’interroge au regard de ces informations venant de deux militaires rwandais capturés, sur le crédit que l’on peut accorder à la mutualisation des efforts en vue des opérations conjointes avec un partenaire qui respecte ni ses engagements vis-à-vis de la RDC, encore moins sa propre parole à l’occasion de différentes rencontres et échanges entre leaders à tous les niveaux.

Pactise-t-on avec le diable ?

C’est la démarche entreprise et les efforts fournis naïvement ou de bonne foi, c’est selon, par le président Tshisekedi pour rapprocher, au nom de la paix dans la région, son homologue rwandais Paul Kagame qu’il a même appelé publiquement son « frère ». Mais toujours était-il que l’homme est resté le même diable avec ses ambitions de toujours déstabiliser la partie Est de la RDC.

Avec le soutien de son armée aux rebelles du M23 qui ont délogé, selon certaines sources, les FARDC ce mardi 29 mars de leurs positions dans les collines de Runyonyi et Chanzu et les villages Chengerero devenus sous leur contrôle, le Gouvernement congolais devrait considérer que le M23 tout comme les autres milices qui pullulent dans l’Est du pays, ne sont que le cheval de Troie du Rwanda. Les négociations avec ces bandes criminelles ne servent à rien. La solution pour la RDC, estiment beaucoup d’analystes, notamment Gaby Kuba, président de l’Union de la Presse du Congo (UNPC) dans son tweet, passe par le renfoncement des FARDC pour qu’elles parient à toute éventualité d’où qu’elle vienne.

Et désormais, Fatshi devrait considérer Paul Kagame comme un « frère » ennemi et par conséquent, prudence oblige, il devrait se munir des longues fourchettes parce qu’il est assis à la table avec un diable.

ONU, UA, CIRGL et SADC condamnent les récentes attaques des rebelles de l’ex-M23

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Macky Sall, président de l’Union Africaine

Les institutions garantes de l’Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo (RDC) et la région, signé à Addis Abeba, en Éthiopie, le 24 février 2013, à savoir la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), l’Union africaine (UA), et l’Organisation des Nations Unies (ONU), ont condamné avec fermeté, ce mardi 5 avril 2022, la résurgence des attaques des rebelles de l’ex-Mouvement du 23 mars (l’ex-M23) contre les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), et déplorent l’impact de la violence sur les populations civiles du fait des activités des groupes armés dans l’est de la RDC.

Ces institutions appellent les rebelles de l’ex-M23 à déposer définitivement leurs armes, à renoncer à toute hostilité, en référence aux déclarations de Nairobi signées le 12 décembre 2013, et à s’engager résolument et pacifiquement dans le processus de désarmement volontaire et sans conditions, conformément au cadre fixé par le Programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et sociale (PDDRCS) et le document de stratégie nationale pour sa mise en œuvre ainsi qu’aux décisions des différents sommets du Mécanisme régional de suivi de l’Accord-cadre, notamment celui tenu à Brazzaville, en République du Congo, le 19 octobre 2017, et celui tenu à Kinshasa, en RDC, le 24 février dernier.

Les institutions garantes de l’Accord-cadre déplorent que les activités des groupes armés opérant dans l’est de la RDC continuent d’alimenter un climat de suspicion entre les États et les populations de la région, entravant ainsi leurs efforts collectifs vers une région des Grands Lacs débarrassée des affres de la guerre et résolument tournée vers un développement durable.

Elles appellent les différentes parties prenantes à maintenir l’élan prometteur qui a caractérisé les relations entre pays de la région ces dernières années et à privilégier les cadres régionaux de règlement des différends, en vue notamment d’éradiquer la menace posée par ces groupes armés, et ce, à travers une démarche globale, comprenant des mesures non militaires qui permettraient de s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité persistante.

Les institutions garantes de l’Accord-cadre se félicitent des consultations en cours à différents niveaux dans la région, en vue de trouver une solution durable à la présence et à l’activisme des forces négatives dans la région. Elles réitèrent la nécessité d’un dialogue continu et des efforts soutenus pour renforcer la confiance entre toutes les parties prenantes de la région, et les encouragent à mobiliser les mécanismes et cadres bilatéraux et régionaux existants, tel que le Mécanisme conjoint de vérification élargi (MCVE), en vue de renforcer davantage l’échange d’informations, la coordination et la collaboration transfrontalière.

Elles réitèrent également leur plein engagement à accompagner les efforts de la RDC et de l’ensemble des pays de la région en vue de préserver les progrès enregistrés à ce jour dans les relations régionales et de mettre fin à la menace posée par les groupes armés.

Les institutions garantes expriment leurs condoléances et leur solidarité à l’endroit des familles des victimes, des soldats des FARDC morts lors des attaques et des casques bleus de la Mission de l’ONU pour la Stabilisation en RDC (MONUSCO) qui ont perdu leur vie dans un crash de l’hélicoptère qui était en mission de reconnaissance dans la zone des combats.

 

Scoop RDC/Provinces26rdc.net

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