« La Monusco peut accompagner le dialogue sans se substituer aux institutions nationales » (Un avocat au barreau de Paris)

Les consultations de la Monusco auprès des différentes composantes de la classe politique congolaise s’inscrivent dans le cadre des bons offices d’une mission internationale chargée de faciliter le dialogue, sans se substituer aux institutions de la République démocratique du Congo, a estimé ce samedi 03 octobre 2026 un avocat, lors d’un entretien.

« La consultation de la C64 par le chef de la Monusco doit d’abord être comprise dans le cadre classique des bons offices. Une mission internationale appelée à faciliter un dialogue doit écouter le Gouvernement, l’opposition, les confessions religieuses, la société civile et les autres acteurs concernés. Consulter un acteur ne signifie pas adopter ses positions », a déclaré à l’ACP, Me Ben Touere, avocat au barreau de Paris.

Il a estimé que l’accompagnement international peut contribuer à faciliter le processus, mais que sa légitimité institutionnelle demeure congolaise et relève des institutions de la République ainsi que du peuple congolais.

Le chef de la Monusco, James Swan, avait notamment appelé les acteurs congolais à privilégier le dialogue et la recherche du consensus, tout en plaidant pour un processus national inclusif.

L’inclusivité du dialogue ne doit pas assimiler opposition et mouvements armés

Réagissant à la demande de la C64 d’associer notamment Joseph Kabila et les acteurs de l’AFC/M23 au dialogue annoncé par le Président de la République, cet enseignant à l’Université de Sorbonne à Paris a appelé à distinguer les différentes catégories d’acteurs concernés.

Il a relevé qu’une opposition démocratique conteste le pouvoir par les voies électorales, institutionnelles, judiciaires, les manifestations et la parole publique, tandis qu’un mouvement armé recourt à la force. Selon lui, leur participation au processus politique ne peut donc être envisagée selon les mêmes mécanismes.

Dans cette perspective, Me Touere a préconisé une distinction entre les différents cadres de règlement de la crise : le dialogue national pour les questions politiques et institutionnelles internes, le processus de Doha pour les négociations entre le Gouvernement et l’AFC/M23, Washington pour la dimension interétatique entre la RDC et le Rwanda, et les juridictions compétentes pour les éventuelles responsabilités pénales individuelles.

La C64, a-t-il poursuivi, dispose du droit de défendre sa conception de l’inclusivité et de poser des conditions à sa participation. Toutefois, une revendication politique ne constitue pas, par sa seule formulation, une norme constitutionnelle imposable aux institutions de la République.

Enfin, cet avocat au barreau de Paris a estimé que l’ouverture du dialogue demeure une exigence politique importante, mais qu’elle doit préserver les distinctions entre opposition démocratique, négociation avec les groupes armés et responsabilité pénale, afin de maintenir l’autorité des institutions de l’État.

 


ACP / Provinces26rdc.com

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