Non à la Russie, Oui au Rwanda. Asymétrie de traitement. Malgré des violations similaires du droit international, l’Union européenne a choisi une relative indulgence pour Kigali alors qu’elle manifeste une fermeté absolue contre Moscou. Artisane de l’isolement diplomatique de Vladimir Poutine, l’UE veut « renforcer davantage » son partenariat avec Paul Kagame au grand dam des Congolais qui continuent à payer le prix fort de l’agression rwandaise.
Le droit international est sacrifié sur l’autel des intérêts économiques. L’UE, qui a adopté des sanctions massives contre la Russie, semble avoir décidé de fermer les yeux sur les violations graves commises par son allié rwandais en RDC. En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, la secrétaire générale du Service européen pour l’action extérieure (SEAE) a affirmé qu’il est « dans l’intérêt » de l’Union européenne de « renforcer davantage » son partenariat avec le Rwanda.
Kajsa Ollongren, qui aide à coordonner et à mettre en œuvre la politique étrangère et de sécurité de l’Union européenne, a échangé avec le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, mardi 22 septembre 2026 à New York, aux États-Unis. Les discussions ont porté notamment sur le renforcement de la coopération entre les deux parties dans le contexte de tensions persistantes dans l’est de la RDC, où l’armée rwandaise opère aux côtés des rebelles de l’AFC-M23.
Alors que les experts onusiens affirment que des militaires rwandais ont commis de graves exactions sur le sol congolais, l’UE, de son côté, continue de percevoir le Rwanda comme un acteur stable, efficace sur le plan militaire, notamment pour sécuriser des zones de conflit comme le Mozambique ou la Centrafrique, et un partenaire clé pour diversifier les approvisionnements de l’Europe en minerais stratégiques face à la dépendance envers la Chine.L’UE et le Rwanda ont signé en février 2024 un protocole d’accord en vue d’un partenariat stratégique sur les matières premières critiques. Il s’agit du cadre destiné à aider le Rwanda à formaliser et à professionnaliser son secteur minier artisanal, à améliorer le respect des normes internationales et le devoir de diligence, en fournissant une base pour dialoguer avec le pays sur la gouvernance, la transparence et la traçabilité des matières premières et pour promouvoir les chaînes de valeur régionales, conformément à la stratégie de l’UE pour la région des Grands Lacs.
Ce partenariat fait l’objet de vives tensions géopolitiques. Face à l’intervention militaire du Rwanda en RDC, des voix se sont élevées au sein de l’UE pour suspendre les accords miniers et geler certains financements militaires. Kinshasa considère les aides financières européennes au pays de Paul Kagame comme un soutien dangereux à un Etat agresseur.
Malgré les critiques, l’UE n’entend pas reculer. L’option a déjà été levée : rendre l’alliance rwando-européenne plus solide, plus confiante et plus stratégique. Pour l’est de la RDC, Bruxelles estime que « la pleine mise en œuvre de l’accord de paix de 2025 est essentielle pour mettre fin aux combat ».
Afriqu’actu / Provinces26rdc.com
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