Le maire de Beni promet des poursuites contre les auteurs d’attaques visant les équipes de riposte contre Ebola

Le maire de la ville de Beni (Nord-Kivu), Jacob Nyofondo Te Kodale, hausse le ton après l’agression d’une équipe de riposte contre Ebola en pleine intervention dans le quartier Mambango. Au lendemain de cet incident, le maire de la ville, l’autorité urbaine, a annoncé des poursuites judiciaires contre toute personne entravant les activités des équipes sanitaires et des services de sécurité.

Dans une déclaration adressée à la population samedi 20 juin, le maire a rappelé que la maladie à virus Ebola demeure une réalité et continue de représenter une menace pour les communautés affectées.

« J’informe toute la population de la ville de Beni et ses environs que la maladie à virus Ebola existe bel et bien. Je mets en garde toute personne ou tout groupe d’individus qui tentera d’empêcher les équipes de la riposte d’exercer leurs activités. La police est instruite de l’arrêter et de le traduire en justice », a insisté M. Nyofondo.

Le maire a également dénoncé les actes de certains groupes de jeunes qui barricadent des rues et avenues, compliquant le travail des forces de sécurité. Il a prévenu que toute personne appréhendée en flagrant délit sera déférée devant la justice dans le cadre d’audiences foraines.

Les jeunes de Beni appelés à soutenir la riposte

Au lendemain de cette attaque, les responsables de la jeunesse de Beni ont condamné les violences visant les équipes sanitaires engagées dans la lutte contre Ebola. Ils appellent les habitants, en particulier les jeunes, à rejeter la désinformation et à collaborer avec les personnels de santé.

« Nous devons éviter toute intoxication et désinformation autour de la maladie à virus Ebola », a déclaré, samedi 20 juin, le président du Conseil urbain de la jeunesse de Beni, Mussa Karim. Cette réaction intervient après l’agression d’une équipe de riposte survenue vendredi dans le quartier Mabolio, alors que ses membres se rendaient sur le terrain pour enquêter sur un cas suspect.

Selon les informations recueillies, plusieurs prestataires de santé ont été victimes de coups et blessures au cours de cette attaque.

Tout en condamnant fermement ces actes, Mussa Karim a exhorté les jeunes de Beni à se mobiliser aux côtés des équipes de riposte afin de contribuer à freiner la propagation de l’épidémie dans la région.

« C’est un comportement que nous devons combattre. Nous avons déjà été durement touchés par les 10e et 13e épidémies d’Ebola et nous avons perdu des proches. Face à cette nouvelle menace, nous devons faire bloc derrière les personnels soignants et accompagner leurs efforts pour protéger notre communauté », a-t-il déclaré.

Un médecin séquestré lors d’une mission à Rwampara en Ituri

Cette mise en garde intervient alors qu’un incident sécuritaire a été signalé le juin dernier dans le groupement de Tséré, en zone de santé de Rwampara, en Ituri, épicentre de la maladie.

Ce jour-là, une équipe de surveillance sanitaire dépêchée dans le village de Toutou pour enquêter sur un cas suspect d’Ebola a été attaquée par des habitants armés de machettes et de pierres. Selon les témoignages recueillis, plusieurs membres de l’équipe ont réussi à s’échapper pour donner l’alerte.

Le médecin chargé d’effectuer le prélèvement a, quant à lui, été capturé, ligoté et séquestré. Menacé de mort par ses agresseurs, il n’a retrouvé la liberté qu’après l’intervention des forces de sécurité.

Réagissant à cet acte, le chef du groupement de Tséré, Zamundu Batagura, avait condamné fermement l’agression et appelé la population à collaborer avec les équipes sanitaires.

« Je demande à la population, et surtout à la jeunesse, de ne plus s’attaquer au personnel soignant et aux équipes de riposte. Lorsqu’un cas suspect est signalé, il faut l’orienter vers l’hôpital », avait-t-il insisté.

Il avait également exhorté les habitants à ne pas se laisser influencer par les fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux.

La désinformation, un défi majeur pour la riposte

Les autorités sanitaires attribuent en partie ces violences à la circulation persistante de rumeurs et de fausses informations autour de l’épidémie d’Ebola. Cette désinformation alimente la méfiance de certaines communautés envers les personnels médicaux et complique les efforts de surveillance et de prise en charge des cas suspects.

Face à cette situation, les autorités politico-administratives, sanitaires et sécuritaires multiplient les appels à la vigilance et à la coopération afin de permettre aux équipes de riposte de poursuivre leur mission dans des conditions sécurisées et de limiter la propagation de la maladie.


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

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