Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, en Suisse, le Rwanda a accusé, lundi 29 juin, la RDC de mettre en péril le concept d’opérations convenu dans le cadre des accords de paix de Washington en « poursuivant sa collaboration » avec les auteurs du génocide de 1994 contre les Tutsis, FDLR.
A l’occasion du dialogue intéractif renforcé sur le rapport de la commission d’enquête de l’ONU sur les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la représentante du Rwanda a fait remarquer que la crise dans l’est de la RDC est « complexe et profondément enracinée ». Pour le Rwanda, toute analyse doit prendre en compte les FDLR, un groupe armé génocidaire sanctionné par l’ONU et qui, selon Kigal, est « équipé et financé » par le gouvernement congolais.
« La médiation menée par l’Union africaine sous l’égide du Togo, les accords de paix de Washington entre le Rwanda et la RDC, et le processus de Doha ont ouvert des perspectives politiques importantes. Le concept d’opérations convenu dans le cadre des accords de paix de Washington attribue la neutralisation des FDLR à la RDC. Cependant, sa mise en œuvre est compromise par la coordination persistante de la RDC avec ce groupe armé génocidaire : elle l’équipe, le finance et soutient politiquement sa coordination avec l’armée congolaise. La RDC ne peut appeler à la paix tout en poursuivant une solution militaire sur le terrain, appuyée par plus de 10 000 soldats burundais et mercenaires étrangers. Cette approche doit être clairement dénoncée », a déclaré Urujeni Bakuramutsa.
Fidèle à sa rhétorique, l’administration Kagame estime que les FDLR constituent une menace directe pour la sécurité du Rwanda et un facteur d’instabilité dans la région des Grands Lacs depuis qu’ils ont trouvé refuge dans l’est de la RDC.
« La menace comporte une dimension idéologique. L’idéologie génocidaire propagée par les FDLR continue d’alimenter les discours de haine anti-Tutsi, l’incitation à la haine ethnique et les propos discriminatoires à l’encontre des communautés tutsies congolaises, notamment les Banyamulenge. Ce sont là des signes avant-coureurs qu’il ne faut pas ignorer. Ces réalités sont documentées dans les rapports de l’ONU », a asséné la diplomate rwandaise.
Kigali conteste le rapport de l’ONU
Le rapport de la commission d’enquête sur les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a confirmé la « gravité exceptionnelle » de la crise des droits de l’homme. En réaction, le Rwanda a dénoncé des allégations graves sans preuves vérifiables de manière indépendante, sans sources transparentes ni corroboration objective.
Sans visites de terrain, sans dialogue direct avec les communautés touchées et sans vérification rigoureuse sur le terrain, le Rwanda dit craindre que la commission ne puisse pleinement s’acquitter de son mandat.
« Ma délégation invite donc la présidence à préciser comment la commission entend combler cette lacune, notamment comment elle entend impliquer les victimes et les témoins dans toute la région des Grands Lacs, où le HCR recense environ 949 000 réfugiés et demandeurs d’asile congolais dans divers pays, dont le Rwanda. Le Rwanda exhorte ce conseil et les futurs mécanismes de rapport à appliquer des normes de preuve crédibles, à tenir compte de l’ensemble du contexte sécuritaire, y compris la menace que représentent les FDLR, et à soutenir la mise en œuvre des engagements de paix existants », a indiqué Urujeni Bakuramutsa, soulignant que la paix se mesurera à sa mise en œuvre sur le terrain, par le biais d’un dialogue politique inclusif, d’une coopération régionale, de mesures de confiance et d’approches globales qui s’attaquent aux causes profondes du conflit.
Afriqu’actu / Provinces26rdc.com
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