L’intersyndicale du personnel de santé de la région Beni-Butembo-Lubero, dans la province du Nord-Kivu, a lancé un ultimatum de 14 jours aux autorités provinciales pour répondre à une série de revendications liées aux conditions de travail des agents de santé. À défaut d’une réponse satisfaisante dans ce délai, les syndicats menacent de déclencher un mouvement de grève.
Dans une correspondance adressée au gouverneur de province le jeudi 15 octobre, l’intersyndicale exige notamment l’approvisionnement urgent en équipements de protection individuelle (EPI) dans les structures sanitaires des zones affectées par l’épidémie d’Ebola. Les organisations syndicales réclament également le paiement d’une prime de risque à l’ensemble des prestataires de santé exposés à la maladie.
Selon Mongerwa Nzoli, coordonnateur adjoint de l’intersyndicale dans la région, les revendications visent à garantir la sécurité des professionnels de santé engagés dans la riposte contre Ebola ainsi qu’une meilleure prise en charge du personnel médical.
« Nous avons adressé à Son Excellence Monsieur le Gouverneur notre préavis de grève. Nous revendiquons notamment l’approvisionnement en équipements de protection individuelle dans tous les établissements de santé situés dans les zones touchées par la maladie à virus Ebola », a-t-il déclaré.
Le responsable syndical souligne également la nécessité d’améliorer les conditions de travail et de rémunération des infirmiers, hygiénistes, techniciens et laborantins affectés dans les centres de transit et les centres de traitement Ebola.
Une prime de risque pour tous les agents exposés

Pour l’intersyndicale, les risques de contamination ne concernent pas uniquement le personnel travaillant dans les centres spécialisés. Les agents exerçant dans les structures de santé ordinaires sont eux aussi exposés au virus lors de la prise en charge des patients.
« Ce ne sont pas seulement les prestataires des centres de traitement Ebola qui sont exposés. D’autres agents travaillant dans les établissements de santé sont également confrontés à ce risque, et certains ont déjà été contaminés dans l’exercice de leurs fonctions », a insisté Mongerwa Nzoli.
Les syndicats demandent ainsi au gouvernement d’étendre la prime de risque à tous les prestataires de santé des zones concernées par l’épidémie, estimant que cette mesure permettrait de reconnaître les sacrifices consentis par le personnel soignant dans le cadre de la riposte.
À l’expiration du délai de 14 jours, les syndicats se réservent le droit de lancer une grève si leurs revendications ne trouvent pas de réponse favorable.
Jusque ce dimanche 18 octobre, le gouverneur du Nord-Kivu n’avait pas encore réagi à ce préavis de grève.
Cette menace de cessation de travail intervient dans un contexte sanitaire marqué par les efforts de lutte contre Ebola, où les professionnels de santé continuent à jouer un rôle crucial dans la prise en charge des malades et la protection des communautés.
Radio Okapi / Provinces26rdc.com
Laisser un commentaire