Liberté de la presse en RDC : une amélioration de façade alors que les journalistes restent pris en étau dans les zones de conflit

La République démocratique du Congo (RDC) se positionne à la 130e place sur 180 pays dans l’édition 2026 du Classement mondial de la liberté de la presse, publié par Reporters sans frontières (RSF) ce jeudi 30 avril à Dakar. Le pays enregistre ainsi une progression de trois rangs par rapport à l’année précédente, où il occupait la 133e position.

Malgré cette avancée relative dans le classement, RSF souligne que cette amélioration ne reflète pas une évolution positive des conditions de travail des journalistes sur le terrain. L’organisation insiste sur le fait que le contexte global reste préoccupant, notamment dans un environnement international où le score moyen de la liberté de la presse est en recul dans 100 pays sur 180.

Dans la région des Grands Lacs, la RDC figure toujours parmi les États où des journalistes sont régulièrement incarcérés. RSF cite également le Burundi, classé 119e, et le Rwanda, 139e, comme des pays où les professionnels des médias font face à des poursuites judiciaires, souvent sous couvert d’atteintes à la sécurité nationale.

L’organisation met particulièrement en lumière la situation dans l’est du pays, qu’elle qualifie d’épicentre des violations contre la presse. Cette analyse intervient dans un contexte marqué par la prise de la ville de Goma par le mouvement AFC/M23 en janvier 2025, événement ayant aggravé l’insécurité dans la région.

RSF évoque également une série de fermetures de radios communautaires dans la province du Nord-Kivu, ainsi que des cas de séquestration de journalistes. Ces derniers auraient été détenus dans des conteneurs métalliques installés dans l’enceinte de l’Assemblée provinciale, des faits documentés par l’organisation le 24 mars 2026.

Sur le plan sécuritaire, l’indicateur attribué à la RDC recule à 27,3 sur 100. RSF souligne que les journalistes opérant dans l’est du pays évoluent dans un environnement particulièrement hostile, étant « pris en étau » entre les groupes armés et les Forces armées de la République démocratique du Congo.

Face à ces pressions multiples, de nombreux professionnels des médias sont contraints de se déplacer ou de s’exiler pour garantir leur sécurité. Ainsi, malgré une progression apparente dans le classement mondial, la situation de la liberté de la presse en RDC demeure fragile et marquée par des défis persistants.


Opinion Info / Provinces26rdc.com

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