La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation de la RDC (MONUSCO) a répondu aux slogans d’une manifestation qui lui était hostile fin juillet dans le Nord Kivu. Régulièrement cible de critiques ou de soupçons d’agenda caché, les missions de paix de l’ONU souffrent d’un manque de connaissance de leur fonctionnement par des populations instrumentalisées.
Jeter un œil dans l’organisation des missions de paix de l’ONU suffit à balayer les soupçons de complot impérialiste. Car s’il existe un défaut inhérent à ces missions, mais incompatible avec une machination, c’est la lourdeur administrative et la recherche permanente d’équilibres nationaux. Et pourtant, principalement en Afrique, dans les lieux où elles sont déployées, les forces d’interposition de l’ONU sont régulièrement la cible d’attaques. Après la Centrafrique puis le Mali, c’est en République démocratique du Congo que des manifestations ont eu lieu pour critiquer la mission déployée avec un mandat du Conseil de sécurité.
Fin juillet, des manifestations ont en effet demandé le départ de la Mission des l’ONU pour la stabilisation de la RDC, la MONUSCO. Interrogé par un auditeur sur un supposé agenda secret lors de son interview par Radio Olakpi le 28 juillet dernier, Khassim Diagne, le plus haut responsable onusien en RDC a répondu très directement aux accusations « La MONUSCO n’a aucun autre agenda en République démocratique du Congo, si ce n’est que le rétablissement de la paix. Il ne faut pas croire les manipulateurs, ils risquent d’atteindre leur objectif et c’est contreproductif pour tous ».
« M. Diagne a mis en garde contre la manipulation et invité la population à redoubler de vigilance : « Nous avons un ennemi dangereux et invisible. Il est temps de mutualiser les efforts pour le neutraliser et nous concentrer sur l’essentiel ». Le chef par intérim de la MONUSCO a en outre annoncé que la Mission maintient ses positions actuelles et continuera à appuyer le gouvernement congolais dans le rétablissement de la paix, dans la limite de son mandat. Il a également fait allusion à d’autres composantes civiles de la MONUSCO qui effectuent un travail de fond sur le terrain, avec divers partenaires de la société civile et des ONG » résume la MONUSCO dans un communiqué qui reprend les réponses de Khassim Diagne.
Théâtre fin juillet de violentes manifestations anti-ONU, Butembo, dans l’est de la RDC, a été attaquée mardi 23 août par des miliciens qui s’en sont pris à un site de la force onusienne dont le personnel a été redéployé à l’extérieur de la ville, a-t-on appris auprès des autorités.
L’armée a riposté, deux assaillants ont été tués et quatre capturés, a déclaré à la presse le commissaire Roger Mowa, maire de Butembo, important carrefour commercial de la province du Nord-Kivu. La ville, a-t-il assuré, est «sécurisée».
Ces hommes armés « croyaient que nous avions menti, que les Casques bleus de la Monusco (la force de l’ONU en République démocratique du Congo) n’étaient pas partis. Ils sont allés attaquer cette base et heureusement, ils n’ont rien trouvé dedans», a ajouté le maire. Jeudi, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, en visite à Butembo, avait assuré que la Monusco était « déjà partie » et que ses équipements encore dans la ville allaient être évacués. La Monusco avait alors assuré qu’elle «ne quittait pas Butembo» mais qu’elle y « suspendait momentanément ses opérations ».
Le maire de Butembo a ensuite diffusé un échéancier du « plan de relocalisation de la Monusco», avec des mouvements de véhicules prévus notamment durant toutes les nuits allant du 20 au 24 août. « Notre redéploiement temporaire est effectif. Nous n’avons plus de personnels, civils comme militaires, à Butembo», a indiqué à l’AFP Ndèye Khady Lo, porte-parole par intérim de la Monusco. «Nos trois bases sont entre les mains de l’État congolais, sécurisées par » l’armée et la police congolaises, a-t-elle ajouté
La Monusco « reprendra ses activités à Butembo dès que les conditions minimales garantissant la sûreté et la sécurité de son personnel seront réunies », a encore indiqué la porte-parole, en réitérant la « détermination » de la force onusienne à « continuer de remplir son mandat de protection des civils, en soutien aux forces de défense et de sécurité congolaises ». Fin juillet, de violentes manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes de l’est de la RDC, dont Butembo, pour réclamer le départ des Nations unies, accusées d’inefficacité dans la lutte contre la centaine de groupes armés qui sèment la terreur dans la région depuis près de 30 ans.
Trente-deux manifestants et quatre Casques bleus avaient été tués en une semaine, selon les autorités congolaises. Par la suite à Butembo, deux policiers ont été tués et plus de 800 détenus se sont évadés dans l’attaque d’une prison attribuée par l’armée au groupe rebelle ADF (Forces démocratiques alliées), présenté par l’organisation djihadiste État islamique comme sa branche en Afrique centrale.
Centrafrique presse/ Provinces26rdc.com
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