Lubumbashi : démolir sans nettoyer, c’est construire sans achever

Joyce Tunda, Maire de Lubumbashi, mène une offensive contre les constructions anarchiques érigées dans les servitudes et sur les espaces inappropriés..

Avenue Biayi, tronçon de laa Libération et du Carmel à droite en allant vers double Poteaux

Le maire de Lubumbashi, Joyce Tunda, a lancé ces dernières semaines une offensive contre les constructions anarchiques érigées dans les servitudes et sur des espaces non appropriés. Après la démolition des marchés Kalubwe (Double Poteaux) et du Golf, une question taraude les observateurs : ces espaces seront-ils nettoyés et suivis, ou laissés à l’abandon ? Car démolir sans nettoyer, c’est construire sans achever.

Une initiative salutaire, mais inachevée

À Lubumbashi, ces dernières semaines, le maire de la ville, Joyce Tunda, a déclaré la guerre aux constructions anarchiques érigées dans les servitudes. Elle a ordonné la démolition des ouvrages bâtis illégalement sur des espaces non appropriés, à l’image des marchés Kalubwe (Double Poteaux) et du Golf.

L’initiative est louable : elle permet de restituer ces espaces à leur affectation légitime — notamment à la SNEL, propriétaire de l’emprise affectée au service public de l’électricité. Mais plusieurs semaines après les démolitions, force est de constater que les sites demeurent non nettoyés. Deux questions s’imposent alors : ce projet de démolition avait-il prévu un service de nettoyage après les travaux ? Existe-t-il un service de suivi et d’évaluation une fois les engins repartis ?

Marché Kalubwe double poteaux, espace Makala

Démolir sans nettoyer, c’est construire sans achever

À Lubumbashi, l’expérience se répète : après une démolition, l’espace reste en friche pendant des semaines. Ce sont alors les victimes elles-mêmes qui viennent « nettoyer », en feignant de récupérer les débris de leurs constructions. Cette comédie cache souvent une manœuvre : si l’on n’y prend garde, les mêmes occupants se réinstalleront au bout d’un certain temps.

Or, si la mairie avait intimé à ses services techniques d’effectuer ce nettoyage, comme les textes le prévoient, les victimes auraient été dissuadées : l’État aurait manifesté qu’il a bel et bien repris le contrôle de son espace.

Dans le cas du marché Kalubwe – Double Poteaux, la SNEL aurait eu lieu de se réjouir : l’action municipale lui permet de récupérer son domaine public affecté à l’électricité pour en faire un usage réel. Mais qu’en est-il advenu ? La SNEL reste invisible, insaisissable, alors que son espace est spolié depuis des années — sans qu’aucune réclamation ne se fasse entendre.

L’occupation des emprises sous ligne haute tension ne se limite pourtant pas à Kalubwe – Double Poteaux. Sur l’avenue Biayi, partant de l’avenue de la Libération jusqu’à la route de contournement, en passant par le marché Moïse et Kasapa, le désordre est total. Dès lors, une question s’impose : SNEL, ARE, où êtes-vous ? Votre emprise est occupée, des constructions y sont érigées sous votre regard complice. Et s’il fallait se tromper, il suffirait de consulter vos budgets annuels : de l’argent y est alloué à la maintenance de la ligne haute tension. Où passe-t-il chaque année ?

Marché Golf, une vue de la partie démolie

Suivi-évaluation : le maillon manquant

Plusieurs projets souffrent dans notre pays d’un manque criant de suivi et d’évaluation. L’action du maire ne sera donc pas durable si elle néglige cet aspect. On le sait — et c’est peut-être même délibéré —, si plusieurs services existent à la mairie, le suivi-évaluation, lui, fait défaut.

Comment y remédier ? Par la création d’une commission ad hoc de suivi-évaluation, chargée de produire des rapports à 1, 3 et 6 mois.

Vers la restauration des espaces publics

La mairie de Lubumbashi doit poursuivre ce type d’actions pour que les Lushois cessent de croire qu’ils vivent dans le tout-permis. Les habitants doivent savoir que l’État est là, et que celui qui va à l’encontre le croisera.

 

 

 

Mines&Industries / Provinces26rdc.com

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