La justice ukrainienne a annoncé lundi avoir découvert quatre « sites de torture » utilisés par les Russes à Kherson avant leur retraite forcée de la région, il y a une dizaine de jours, Kiev accusant Moscou de crimes de guerre.
Selon les procureurs, les enquêteurs ukrainiens se sont rendus dans quatre immeubles, notamment des centres de détention provisoire d’avant-guerre, où, lors de la prise de la ville, les occupants ont illégalement détenu des personnes et les ont brutalement torturées.
Des morceaux de matraques en caoutchouc, un bâton de bois, un appareil utilisé par les occupants pour électrocuter les civils, une lampe à incandescence et des balles […] ont été saisis, a ajouté la même source dix jours après la reprise de Kherson par l’armée ukrainienne à l’issue d’une contre-offensive qui a duré deux mois.
Depuis la libération de Kherson, le 11 novembre, Kiev a dénoncé à plusieurs reprises les crimes de guerre et les atrocités russes dans la région. Moscou n’a pas réagi à ces accusations jusqu’à maintenant.
Dans ce contexte, à Washington, l’ambassadrice itinérante des États-Unis pour la justice pénale mondiale, Beth Van Schaack, a déclaré aux journalistes qu’il existait des preuves solides des abus russes en Ukraine.
Il y a de plus en plus de preuves que l’invasion de l’Ukraine par la Russie s’est accompagnée de crimes de guerre systématiques commis dans toutes les régions où les forces russes ont été déployées, a-t-elle déclaré.
Elle a évoqué des attaques délibérées, aveugles et disproportionnées contre les populations, des abus de détention de civils et de prisonniers de guerre, l’expulsion forcée ou la filtration de citoyens ukrainiens – y compris des enfants – vers la Russie ainsi que des meurtres et des violences sexuelles assimilables à des exécutions.
Inquiétudes concernant la centrale de Zaporijia
Par ailleurs, à la suite des tirs d’origine indéterminée qui se sont abattus dimanche dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Zaporijia, les présidents français Emmanuel Macron et ukrainien Volodymyr Zelensky ont insisté lundi, lors d’un appel téléphonique, sur l’absolue nécessité de préserver la sécurité et la sûreté du site.
M. Macron a exprimé sa vive préoccupation quant aux nouveaux tirs contre la centrale ukrainienne, que Moscou et Kiev s’accusent mutuellement d’avoir bombardée.
Il s’en était déjà entretenu dimanche avec le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, qui avait dénoncé des frappes absolument délibérées et ciblées.
À Kiev, le directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Europe, Hans Kluge, a prévenu que l’hiver menacera la vie de millions d’Ukrainiens après les séries de frappes russes dévastatrices sur les infrastructures énergétiques du pays.
« Cet hiver mettra en danger la vie de millions de personnes en Ukraine. Pour le dire simplement, cet hiver sera une question de survie. »
— Une citation de Hans Kluge, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé pour l’Europe
Les dommages aux infrastructures énergétiques ukrainiennes ont déjà des effets dévastateurs sur le système de santé et sur la santé de la population, a-t-il ajouté.
Une fausse reddition?
À Moscou, le Kremlin a promis de châtier les responsables de la mort d’un groupe de soldats russes en Ukraine, dénoncée par Moscou comme un crime de guerre, alors que Kiev affirme que ces militaires ont été tués après une fausse reddition.
Sur la foi de vidéos mises en ligne sur les réseaux sociaux, la Russie affirme que l’armée ukrainienne a exécuté plus de dix de ses militaires qui avaient déposé les armes.
Sur la première vidéo, une dizaine de militaires présumés être russes sortent les uns après les autres d’un abri, mains en l’air, et se couchent face contre terre sous l’injonction de soldats apparemment ukrainiens qui les tiennent en joue.
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La vidéo s’interrompt brutalement au moment où une dernière silhouette surgit de l’abri et semble ouvrir le feu. Une autre vidéo filmée par un drone montre le même endroit avec une dizaine de corps de soldats gisant au milieu de flaques de sang.
Le chargé des droits de la personne ukrainien, Dmytro Loubynets, avait déclaré dimanche que ces vidéos montraient en fait une reddition feinte et que les soldats russes avaient, aux termes de la législation internationale, commis un crime de guerre en ouvrant le feu sur les forces armées ukrainiennes après avoir feint de se rendre.
Les militaires russes tués dans cet incident ne peuvent donc pas être considérés comme des prisonniers de guerre, avait-il argué.
Radio Canada / Provinces26rdc.com
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