Lutte contre Ebola au Nord-Kivu : contrôle du nombre des passagers sur les taxis-motos pour limiter la propagation de la maladie à Beni

La police renforce depuis trois jours les contrôles dans les rues et les parkings de taxis-motos de Beni, au Nord-Kivu, afin de faire respecter la mesure limitant à un seul passager par moto, a constaté mercredi 21octobre, le reporter de Radio Okapi. Décidée par le gouverneur militaire dans le cadre de la lutte contre Ebola, cette disposition suscite à la fois des préoccupations économiques chez les conducteurs et des inquiétudes chez les usagers.

Sur le boulevard Nyamwisi et dans plusieurs parkings de la ville, les agents de police veillent au respect de cette mesure. Les conducteurs surpris avec plus d’un passager sont contraints de faire descendre les personnes en surnombre.

Les autorités justifient cette décision par la nécessité de réduire les risques de transmission du virus Ebola, alors que les cas continuent d’augmenter dans la région de Beni-Butembo-Lubero.

Si plusieurs conducteurs de taxis-motos reconnaissent l’importance de cette mesure sanitaire, ils craignent toutefois une baisse significative de leurs revenus.

« Cette mesure sanitaire est bonne, mais elle a un impact négatif sur notre travail », confie un motocycliste.

Selon lui, certains clients pourraient refuser de payer le tarif habituel lorsqu’ils voyagent seuls, invoquant leurs difficultés financières.

Le coût du transport inquiète également les usagers

Du côté des passagers, les préoccupations portent principalement sur l’augmentation des dépenses de transport. Plusieurs habitants expliquent qu’ils avaient l’habitude de partager le coût d’une course en voyageant à deux sur une même moto.

Certains usagers estiment notamment qu’il leur sera difficile d’assumer seuls les frais de déplacement sur des trajets comme Beni-Oïcha ou Beni-Butembo.

La nouvelle mesure oblige également de nombreuses familles à réorganiser leurs déplacements quotidiens, notamment les parents qui utilisent les taxis-motos pour accompagner leurs enfants à l’école. Ceux-ci pourraient désormais être contraints de multiplier les trajets, avec des coûts supplémentaires à la clé.

Malgré ces difficultés, les autorités maintiennent cette disposition, qu’elles considèrent comme un élément important des mesures de prévention contre la propagation de la maladie à virus Ebola.

 


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

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