Arrivée dans le pays en 2003 pour renverser Saddam Hussein puis figure de proue de la coalition internationale chargée de lutter contre le groupe État islamique, l’armée américaine va se retirer des dernières bases qu’elle occupait encore jusqu’à présent en Irak, ce mercredi 30 septembre. Un retrait décidé par Joe Biden en 2024 qui intervient dans le contexte de la guerre israélo-américaine déclenchée en février dernier contre l’Iran.
L’Irak tourne la page de 20 ans de présence américaine sur son territoire. Ce mercredi 30 septembre, l’armée américaine quitte les dernières bases où elle était encore présente dans un pays qu’elle a occupé pendant huit ans et où elle a perdu 4 500 soldats depuis qu’elle y a posé le pied en 2003, d’abord pour renverser Saddam Hussein, ensuite pour lutter contre le groupe État islamique – qu’elle a contribué à faire émerger – à la tête d’une coalition internationale.
Décidé en 2024 par le président Joe Biden, ce retrait est le fruit d’un accord signé par Bagdad et Washington qui prévoyait également le désarmement des groupes armés pro-iraniens dont le nouveau Premier ministre irakien a promis qu’ils le seraient… en juin 2027, dans une tentative de contenter l’allié américain.
Alors que ces derniers avaient entamé leur intégration à la vie politique irakienne, la guerre israélo-américaine déclenchée contre l’Iran en février dernier est en effet venue bouleverser le fragile équilibre qui prévalait alors dans le pays : eux-aussi bombardés par les États-Unis et Israël, les groupes armés pro-iraniens ont alors décidé de reprendre la lutte armée directe.
Pour l’Irak qui tente depuis des années de se libérer de l’ingérence de ses deux grands parrains et dont le territoire est devenu un champ de bataille de leur rivalité, le départ des derniers soldats américains intervient donc dans un contexte d’instabilité. Une instabilité d’autant plus grande que – depuis que Donald Trump a jugé bon de le présenter comme la possible base de lancement d’une hypothétique offensive terrestre sur l’Iran… – le Kurdistan irakien, mais aussi les bases de la coalition internationale, sont régulièrement pris pour cible par Téhéran et ses alliés…
Si les autorités irakiennes comptent certes sur ce retrait – longtemps réclamé par les factions armées – pour apaiser les tensions tout en rendant au pays sa souveraineté, il n’en demeure pas moins que l’armée irakienne va être confrontée à de nouveaux défis et qu’elle va devoir pallier l’absence de la coalition.
Des perspectives auxquelles celle-ci se dit prête : « Il y a une stratégie mise en place sur trois ans pour renforcer les capacités de notre défense aérienne et permettre à l’Irak d’imposer sa souveraineté dans les airs », a ainsi récemment affirmé Sabah Numan, le porte-parole du commandant en chef des armées, non sans toutefois parvenir à lever un certain nombre d’inquiétudes persistantes… L’une concerne par exemple l’État islamique, qui ne semble attendre qu’une brèche pour revenir; une autre a trait aux factions armées pro-iraniennes dont certaines continuent de défier le pouvoir malgré leur désarmement souhaité par le Premier ministre.
RFI / Provinces26rdc.com
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