Ce vendredi 22 mai 2026 à Beni, dans une déclaration publiée, les coordinations de la société civile Forces vives des territoires de Beni et Lubero, ainsi que des villes de Beni, Butembo et Goma, alertent sur le retard observé dans le déploiement des mesures de prévention et de prise en charge liées à la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE), déclarée récemment en Ituri et au Nord-Kivu.
Ces structures citoyennes estiment que cette nouvelle flambée épidémique survient dans un contexte sécuritaire et humanitaire particulièrement préoccupant dans l’Est de la RDC. Elles rappellent que les violences armées et les déplacements massifs de populations dans plusieurs localités du Nord-Kivu favorisent les risques de propagation du virus, notamment dans les zones frontalières avec l’Ouganda.
Des zones à haut risque
Selon la société civile, plusieurs cas suspects en provenance de l’Ituri auraient déjà été signalés dans certaines localités du Nord-Kivu. Les villes et territoires de Beni, Butembo et Lubero sont considérés comme particulièrement exposés en raison des échanges commerciaux et des mouvements permanents des populations.
Les organisations citoyennes regrettent toutefois l’absence visible de dispositifs de prévention dans plusieurs lieux publics et structures sanitaires du Grand Nord.
Elles dénoncent également le manque de moyens logistiques et sanitaires déployés sur le terrain, malgré les alertes déjà lancées par les autorités sanitaires.
La société civile s’inquiète aussi du retard dans la publication des résultats des prélèvements effectués sur des cas suspects. Selon elle, certains patients seraient décédés avant même la communication officielle des analyses médicales.
Des recommandations aux autorités
Face à cette situation, les Forces vives appellent le gouverneur militaire du Nord-Kivu à faire de la riposte contre Ebola une priorité urgente. Elles demandent notamment le déploiement rapide de dispositifs de contrôle de température, de kits de lavage des mains et d’équipements de protection dans les points de contrôle, marchés, hôpitaux et autres espaces publics sensibles.
Elles insistent également sur la nécessité d’éviter toute forme de tracasserie ou d’abus dans l’application des mesures sanitaires destinées à contenir l’épidémie.
Appel à la vigilance communautaire
La société civile invite les habitants de Goma, Beni, Butembo et Lubero à respecter strictement les mesures barrières et les consignes sanitaires afin de limiter la propagation du virus.
Elle met par ailleurs en garde contre la désinformation et les rumeurs autour de la maladie, rappelant que « la maladie à virus Ebola est réelle et constitue une menace sérieuse pour la population ».
Il sied de noter que les organisations citoyennes exhortent l’ensemble des partenaires humanitaires, notamment OCHA et les agences sanitaires, à intervenir rapidement en tirant les leçons des précédentes ripostes contre Ebola et en renforçant l’implication des communautés locales dans la lutte contre l’épidémie.
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