Face à la montée de l’insécurité attribuée aux pseudo-Wazalendo dans le Grand Nord et à Butembo, la Synergie des Wazalendo Front Grand Nord annonce le début d’opérations ciblées contre les détenteurs illégaux d’armes à feu. L’annonce a été faite ce mardi à Butembo lors d’un point de presse animé par le porte-parole de la structure, John Maangaiko.
Une opération conjointe avec les forces loyalistes
Selon John Maangaiko, ces actions seront menées conjointement avec les forces loyalistes afin de restaurer la sécurité dans la région. Il a indiqué que les attaques récurrentes observées autour de la ville de Butembo sont imputées à des individus armés non contrôlés, se réclamant abusivement des Wazalendo. La Synergie affirme vouloir mettre fin à ces agissements pour permettre à la population de retrouver la quiétude.
Mettre hors d’état de nuire les porteurs d’armes incontrôlés
Le porte-parole a dénoncé l’existence de meneurs armés opérant en dehors de tout cadre légal et semant la terreur au sein des communautés.
« Les Wazalendo constituent une force d’appui à l’armée. Tout individu qui agit contre cette mission, contre l’État ou contre la population, sera traqué », a-t-il martelé, soulignant que des opérations ponctuelles sont déjà en cours aux alentours de Butembo.
Éclairage sur la mort de “Tango Fort”
John Maangaiko est également revenu sur la mort, la veille, d’un certain Tango Fort, survenue lors d’un échange de tirs entre deux factions Wazalendo près de Butembo. D’après lui, ce chef Maï-Maï a trouvé la mort au cours d’opérations menées par les Wazalendo. Il l’accuse d’avoir commis de graves violations du droit international humanitaire, estimant qu’il était nécessaire de mettre fin à ses activités.
Délocalisation des camps et réorganisation sécuritaire
Par ailleurs, la Synergie des Wazalendo Front Grand Nord a confirmé la poursuite du processus de délocalisation des camps installés autour de la ville de Butembo. Certains camps auraient déjà été déplacés loin du centre urbain. À ce sujet, John Maangaiko a annoncé l’installation prochaine d’une base des FARDC à Lwamiso, un site auparavant occupé par les Wazalendo.
Nord-Kivu : Lubero paralysé pour dénoncer l’insécurité impliquant des militaires FARDC

Les activités socioéconomiques sont restées paralysées à Lubero, dans la province du Nord-Kivu, mercredi 7 janvier 2026. Toute la matinée, les étalages du marché local sont restés déserts, tandis que boutiques et maisons de commerce ont gardé leurs portes fermées.
Cette cessation des activités fait suite à un appel de la société civile locale, qui a invité la population à observer une journée sans travail pour dénoncer l’insécurité grandissante dans la région. Celle-ci est marquée par des cas récurrents de viols, vols, meurtres et assassinats de civils, dont certains seraient commis par des militaires FARDC incontrôlés.
Le cas le plus récent concerne l’assassinat de deux civils, survenu dimanche 4 janvier 2026 dans des circonstances distinctes. Selon Georges Kamate, proche de l’une des victimes, son frère Jonathan Kamate a été abattu par balle par des militaires basés à Vulungula, près du centre de Lubero, alors qu’il fabriquait des braises destinées à la vente.
« Il a été retrouvé mort, tué par balles par un militaire FARDC, dans une zone entourée de camps militaires. Son travail consistait à fabriquer des braises, une activité pour laquelle des militaires tentaient régulièrement de lui ravir sa marchandise. Nous demandons que justice soit rendue, car la victime était père de famille, laissant derrière lui une épouse et cinq enfants, dont certains sont scolarisés. Nous voulons savoir où en sont les enquêtes et qui est l’auteur de ce crime », a-t-il déclaré.
Cette situation d’insécurité est largement dénoncée par les habitants de Lubero. La société civile déplore le silence persistant des autorités compétentes face aux multiples alertes lancées par la population.
« Nous avons enregistré récemment l’assassinat de cinq personnes, certaines tuées par balles, d’autres battues à mort. C’est pour exprimer notre colère et interpeller les autorités sur l’urgence de la situation que nous avons appelé à une journée sans activités », a expliqué Joseph Mahamba, vice-président de la société civile de Lubero.
Face à cette tension, l’administrateur militaire du territoire de Lubero, dans le cadre de l’état de siège, a tenu une réunion avec les acteurs de la société civile, les leaders communautaires et les membres du comité local de sécurité afin d’examiner les mécanismes susceptibles de mettre fin à cette insécurité.
« Nous sommes informés de tous les cas de meurtres signalés et l’autorité provinciale reçoit quotidiennement les rapports. Les enquêtes sont en cours et chaque suspect identifié est déféré devant la justice. C’est dans ce cadre que des audiences foraines sont régulièrement organisées », a assuré le colonel Kiwewa Mitela Alain, administrateur militaire du territoire.
Pour rappel, le vendredi 2 janvier, la cour militaire du Nord-Kivu a tenu des audiences foraines à Lubero contre huit militaires FARDC, dont certains officiers supérieurs, poursuivis notamment pour meurtre, incitation à la commission d’actes contraires à la discipline et autres infractions. Plusieurs ont été condamnés et radiés de l’armée, sans toutefois parvenir à endiguer les violences.
Il y a huit mois, le territoire de Lubero avait déjà été le théâtre de pillages perpétrés par des militaires FARDC en provenance des lignes de front, lors de l’avancée des rebelles du M23. Malgré la condamnation de certains auteurs, les victimes n’ont jamais été indemnisées, alimentant ainsi une crise de confiance et une tension persistante au sein de la population
CongoProfond / Provnces26rdc.com
Des militaires des FARDC