La dérive dictatoriale et l’extorsion financière s’accentuent dans les zones sous contrôle de la rébellion de l’AFC-M23. Après avoir mis à mal le système éducatif en y suspendant la gratuité de l’enseignement, le mouvement rebelle cible désormais le secteur médical.
Dans la zone de santé de Masisi, chaque membre du personnel soignant et administratif est désormais contraint de verser obligatoirement 2 % de son salaire au mouvement. D’après plusieurs témoignages concordants recueillis directement auprès de sources locales, ce prélèvement forcé est présenté par la rébellion comme une prétendue « contribution des structures de santé à leur propre fonctionnement ».
Pour exécuter cette mesure, le M23 instrumentalise la hiérarchie médicale de proximité, confiant la lourde tâche de collecter les fonds aux infirmiers titulaires ainsi qu’aux Administrateurs gestionnaires des infrastructures de santé (AGIS).
Les modalités d’application de cette taxe frisent le racket organisé. L’ensemble des employés, sans aucune exception depuis le Médecin directeur jusqu’à la sentinelle est sommé de s’acquitter d’un paiement anticipé couvrant une période de trois mois. Pour ce faire, les rebelles exigent l’utilisation de la plateforme de paiement mobile Airtel Money.
Face à ce système d’escroquerie, la dissidence n’est pas tolérée. Pas moins de 15 sources issues de différentes structures sanitaires de Masisi confirment le climat de terreur mis en place : tout refus ou retard de paiement expose les employés à de graves représailles, allant de l’expulsion immédiate de leur poste de travail jusqu’à l’emprisonnement pour « désobéissance aux ordres du mouvement ».
Cette pression financière étouffante exercée sur les soignants contraste radicalement avec l’attitude des autorités de Kinshasa.
Alors que l’AFC-M23 s’adonne au pillage des maigres revenus des fonctionnaires, le gouvernement congolais, quant à lui, continue d’assurer ses engagements constitutionnels.
Malgré la complexité du contexte sécuritaire et le contrôle territorial exercé par la rébellion, l’Exécutif central maintient son soutien logistique et financier aux structures sanitaires de Masisi. L’objectif demeure inchangé pour la République : garantir l’accès à des soins de santé de qualité pour les populations civiles prises en otage par le conflit, réaffirmant la présence de l’État par le service public, même au cœur des zones occupées.
Tazama RDC / Provinces26rdc.com
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