RDC : Polémique sur l’opération de cartographie de la Céni

Dans la course contre la montre pour les élections générales censées se tenir en décembre 2023, la commission nationale électorale congolaise est sur le point d’achever la cartographie des bureaux de vote avant même l’opération de recensement des électeurs. L’opposition hausse le ton, dénonçant la violation des textes qui, dit-elle, obligent la Céni à publier la cartographie des bureaux de vote 30 jours avant l’ouverture de la campagne électorale en tenant compte du nombre d’inscrits sur le fichier électoral.

L’opposition émet ses craintes sur une éventuelle fraude électorale en préparation. « La cartographie des bureaux de vote est élaborée en tenant compte des distances qui séparent les électeurs de leur bureau de vote et des obstacles à parcourir. Or au moment où nous parlons, la Céni est en train de valider une cartographie qui ne s’appuie sur aucune base légale, parce que ne disposant d’aucun fichier pour éviter que d’autres acteurs ne disent que la Céni prépare une fraude à grande échelle », affirme John Omombo Tshumba, le président des forces sociales progressistes, au micro de notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa.

« La Céni doit annuler cette cartographie et respecter la loi, parce que nous avons une crainte, que l’on puisse installer des bureaux fictifs à même la forêt. Nous voulons que la Céni attende d’abord l’enrôlement des électeurs pour avoir un fichier électoral crédible, certifié et nettoyé pour élaborer la cartographie », continue-t-il. John Omombo Tshumba estime qu’« au regard de tous les problèmes qui entourent le processus électoral aujourd’hui », il faut un « dialogue électoral constructif, qui va permettre de poser des bases consensuelles d’une élection saine, participative, inclusive et apaisée ».

Mais pour le rapporteur de la Céni, cette opération est un préalable avant le début du recensement des électeurs pour désigner notamment les centres d’enregistrement avant le scrutin. « La cartographie détermine les limites de ces circonscriptions électorales et le repérage des centres d’inscription pour l’enrôlement des électeurs, explique Patricia Nseya Mulela, rapporteur de la Céni. Les adresses physiques qui nous permettent d’identifier les centres d’inscription, de connaître le nombre de kits à déployer dans les centres d’inscription et aussi le nombre de personnels à recruter et à déployer. Toutes ces activités doivent se faire avant l’enrôlement. »

Patricia Nseya Mulela précise : « La Céni a l’obligation de publier la cartographie des bureaux de vote. Mais là, nous sommes en train de parler de la validation de la cartographie des centres d’inscription. Nous sommes conscients que lorsque nous allons nous approcher du scrutin, nous allons publier la cartographie des bureaux de vote, comme l’exige la loi. »

Les congolais sont-ils prêts à élire une présidente de la République ?

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La RDC est majoritairement constituée des femmes. Et pourtant, depuis la nuit de temps, aucune femme n’a accédé à la magistrature suprême. À l’aube des prochaines élections de 2023, la question se pose. La RDC est-elle prête à élire une femme présidente de la République ?

Les femmes ont-elles autant de chance de ne se faire élire que les hommes au plus haut sommet de l’État en RDC ? Le Groupe d’étude sur le Congo et Ebuteli ainsi que le Bureau d’études des recherches et de consulting international (Berci) ont publié une note thématique ce 24 août 2022. Elle est intitulée Perception des femmes en politique : les Congolais, sont-ils prêts à élire une présidente de la République ? Celle-ci révèle que les Congolais ne sont pas prêts pour ça.

Et cependant, deux tiers des Congolais sont d’accord avec la mise en œuvre de la parité entre les hommes et les femmes à tous les niveaux des institutions de la République. Car ils sont 67 %, et c’est 61 % des hommes qui le souhaitent.

Dans le même ordre d’idées, 63 % des femmes soutiennent les femmes à cette haute fonction. Tandis que pour les hommes, le chiffre tombe à 51 %.

32 % des Congolais seulement

Mais quant à l’idée d’une femme à la tête de la nation, les Congolais sont dubitatifs. Ils sont uniquement 32 % à le souhaiter.
Même si la pensée d’une femme présidente n’est pas acquise, mais la perception des femmes servant l’État est bonne. Ainsi, par exemple, les députées sont les plus soutenues : 41 % des répondants les soutiennent fortement. Même si actuellement, l’Assemblée nationale ne compte que 68 députées sur les 500 élus. Et que, lors de la réforme de la nouvelle loi électorale, le législateur n’a pas retenu l’option du G 13 d’imposer des listes paritaires aux législatives.

À noter que ce sondage a été réalisé sur terrain entre avril et mai 2022. Elle a été réalisée dans 493 sites sur l’ensemble du territoire. Au total, 5 512 personnes âgées de 18 ans y ont participé.


RFI / Provinces26rdc.com

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