L’Est de la République démocratique du Congo (RDC) est en proie à de violents affrontements depuis près de 30 ans. Pourtant très peu de médias parlent de conflit ayant tué des milliers de personnes. Pourquoi ?
« Et la guerre au Congo alors ? Personne n’en parle ! » Il n’est pas rare de voir ce type de message sur Twitter ou sur Instagram. Habituellement, il apparaît en réponse d’un post sur le conflit palestinien ou ukrainien.
Avec cette protestation, ces personnes veulent souligner une chose : contrairement aux deux conflits cités plus hauts, les médias parlent peu de cette guerre. Il suffit de regarder un rapide coup d’œil à la presse pour se rendre compte qu’effectivement : la guerre à l’Est du Congo RDC est sous-médiatisée.
Comment c’est possible alors que ce conflit dure depuis plus de 30 ans, qu’il a fait 7 millions de déplacés à l’intérieur de la RDC et que l’ONU considère qu’il s’agit d’un record historique et mondial ?
Les informations ont dû mal à fuiter
Face à la gravité de la situation, pourquoi les médias en parlent-ils peu ? Tout d’abord, parce qu’il y a peu d’images des affrontements. Les téléphones portables des déplacés sont souvent perdus ou confisqués.
Aussi, la longueur du conflit a créé une sorte de lassitude de la part des médias selon le journaliste Paul Lorgerie, présent sur place. « C’est l’Afrique, c’est loin. Les conflits y sont réguliers. Je pense qu’il y a une certaine lassitude des médias. Et c’est ce que vraiment les Congolais critiquent : le deux poids deux mesures. »
Nos téléphones portables en partie responsables

Que se passe-t-il concrètement à l’est de la RDC pour créer cette situation dramatique ? La République démocratique du Congo possède 80% des réserves mondiales de coltan. C’est un minerai nécessaire à la fabrication de nos téléphones portables. On le retrouve principalement à l’Est de ce pays six fois plus grand que la France Métropolitaine, dans la région Kivu. Et cette ressource, entre autres, attise la convoitise de différents groupes armés.
Depuis quelques mois, les populations du Nord-Kivu fuient principalement des combats entre d’un côté, le M23, une milice accusée d’être soutenue par le Rwanda voisin qui essaye de s’emparer de territoires. Et de l’autre, les forces armées de la RDC.
Et quand on parle de combat, on parle principalement de l’arrivée de miliciens dans des villages pour tirer sur tout le monde. Ils se confrontent à très peu de résistances, car face à eux, les militaires du gouvernement, sous-équipés et sous-alimentés, se retirent rapidement.
Les populations en première ligne

Avec ce climat explosif, les populations sont forcées de fuir et de survivre dans des camps de déplacés, comme le décrit Paul Lorgerie. « On a des tentes de fortunes. Les gens dorment sur des nattes. Les humanitaires sont en tension. Dernièrement, il y a eu d’énormes pluies avec des arbres qui tombent sur les tentes. »
La nourriture se fait rare. Alors pour trouver une solution pour se nourrir, des jeunes filles n’ont pas d’autres choix que de pratiquer le plus vieux métier du monde : « Il y a très peu de nourriture qui tournent sur les camps. Donc les gens ont faim. Les femmes, les filles se prostituent pour avoir de l’argent. »
Cette prostitution des mineurs a poussé le chanteur Dadju à fonder l’association Give Back Charity pour leur venir en aide. « Quand j’ai vu une enfant de 12/13 ans, enceinte, ça m’a bouleversé. C’est une enfant qui a envie de jouer. Mais elle est enceinte ! On a essayé de monter des programmes de suivis pour les suivre et les aider à se réinsérer dans la société, da ns la vraie vie « , confiait le chanteur à Canal + en 2021.
Si vous voulez aider à votre échelle les Congolais, vous pouvez faire des dons à Médecins sans frontières ou Première Urgence Internationale qui sont très présents sur place.
Radio france / Provinces26rdc.com
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