Présidentielle en Zambie : au dernier jour du dépôt des contestations, les autorités ordonnent de fermer les tribunaux

Alors que l’opposition disposait de sept jours après l’annonce des résultats de la présidentielle du 13 août remportée par le président sortant Hakainde Hichilema pour déposer des recours en contestation – soit jusqu’à ce lundi 24 août -, les autorités zambiennes ont ordonner la fermeture des institutions judiciaires du pays. Invoquant des « raisons de sécurité », elles n’ont communiqué aucune date pour leur réouverture.

En Zambie, les autorités ont donné l’ordre de fermer les tribunaux et toutes les institutions judiciaires ce lundi 24 août, dernier jour autorisé pour le dépôt par l’opposition d’un recours en contestation de la victoire du président sortant Hakainde Hichilema à la présidentielle du 13 août dernier.

Pour justifier cette décision, les autorités zambiennes brandissent une nouvelle fois l’argument sécuritaire, si l’on en croit une directive signée par l’administrateur en chef du pouvoir judiciaire largement diffusée. À la suite de la fermeture des tribunaux pour « raisons de sécurité », le texte ordonnait au personnel de la Justice de ne pas se rendre au travail ce lundi, décision assortie du déploiement des forces de sécurité autour de la Haute Cour de Lusaka, de la Cour suprême qui abrite la Cour constitutionnelle et de plusieurs tribunaux locaux pour en boucler l’accès, selon des témoins sur place.

Des organisations de la société civile dénoncent un événement « sans précédent »

En fin de journée, un communiqué de la police est effectivement venu confirmer « des contrôles de sécurité […] dans des institutions ciblées », ainsi qu’« une opération d’évaluation des risques dans certains bâtiments du ministère de la Justice, du ministère des Affaires intérieures, du Parquet et d’autres institutions spécifiques », précisant que ces contrôles « ne visent aucun individu ou groupe en particulier ».

La mesure n’a évidemment pas tarder à faire réagir plusieurs organisations de la société civile qui dénoncent un événement « sans précédent » n’ayant « aucune place dans une démocratie constitutionnelle basée sur la séparation des pouvoirs ».

« Le choix de ce moment ne peut être ignoré »

« La fermeture de toutes les cours de justice du pays, sous la surveillance de la police et de l’armée, n’a aucune place dans une démocratie constitutionnelle gouvernée par la séparation des pouvoirs et le respect de la loi », affirme ainsi l’avocate et défenseuse des droits humains zambienne Linda Kasonde. Elle poursuit : « Nous constatons avec une vive inquiétude que cette fermeture coïncide précisément avec l’expiration du délai constitutionnel de sept jours durant lequel un candidat ou une personne s’estimant lésée peut saisir la Cour constitutionnelle pour contester le résultat de l’élection présidentielle. Le choix de ce moment ne peut être ignoré. Que ce soit délibéré ou non, cette fermeture a pour effet de priver les Zambiens de leur droit constitutionnel de voir cette contestation examinée et de soustraire la légitimité de l’ensemble du processus électoral à tout contrôle judiciaire. »

La semaine dernière, le candidat de l’opposition à la présidentielle, Brian Mundubile, qui a recueilli 38% des suffrages, avait fait part de son intention de déposer une pétition devant la justice pour contester la réélection – avec 60% des voix – d’Hakainde Hichilema au cours d’un scrutin marqué, selon lui, par des irrégularités. Celui-ci avait sept jours après l’annonce des résultats du vote pour passer à l’acte, donc avant ce mardi 25 août, alors qu’aucune date n’a été communiquée sur la réouverture des tribunaux en Zambie.

Depuis une vague d’arrestation et la mort par balle d’un parlementaire de l’opposition vendredi 14 août dans le cadre d’une opération « contre une milice » menaçant la sécurité de l’État, dixit les autorités, Brian Mundubile a trouvé refuge auprès d’une organisation internationale.


Opinion Info / Provinces26rdc.com

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