RDC : À Mbuji-Mayi, Tshisekedi raille Kagame

Tshisekedi n’a pas raté le président rwandais qu’il a traité de “petit monsieur” jeudi lors d’un meeting quelques heures, après son arrivée à Mbuji-Mayi au Kasaï oriental. Au stade Kashala Bonzola rempli comme un œuf, le président congolais a vanté les exploits de l’armée congolaise. Depuis une semaine, les loyalistes enchaînent des succès sur le terrain.

Félix Tshisekedi n’a pas mis des gants pour charger Kagame. Il a traité son homologue rwandais de « kalumiana », entendez « petit monsieur » qui a horreur de le fixer dans les yeux. Il s’est même moqué le fait que le dirigeant rwandais ait évité de venir à Luanda. « Je savais qu’il n’allait pas venir mais j’ai pris envers lui des mesures draconiennes et vous le constatez depuis la nomination des officiers dans l’armée », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Je viens de placer des personnes capables de renverser la tendance sur le terrain. À l’heure où nous parlons, sur le théâtre des opérations, la tendance s’inverse désormais », s’est-il réjoui.

Opposants et religieux indexés 

Il n’a pas manqué de mentionner les sorciers de la République, qui refusent de féliciter les exploits des FARDC sur le terrain. Des opposants comme des hommes en soutane ont été chahutés. Ce sont des « sorciers », mais il y a aussi des « sorciers en soutane ».
Selon lui, leur silence face aux succès militaires des FARDC contre le M23 démontre leur position hostile au pays. « Pendant que nous parlons ici, sur le terrain des opérations, le match est à notre avantage. Les opposants ne disent rien quand les FARDC avancent. Ce sont eux les ennemis, les sorciers du pays. Les autres ennemis et sorciers du Congo sont en soutane », a-t-il vociféré, promettant de mettre fin à ce qu’il a qualifié de “sorcellerie”.

 Constitution, Tshisekedi demande au peuple de trancher 

« La voix du peuple guidera mes actes ». Tshisekedi a renvoyé la balle dans le camp de la population pour se prononcer sur la question de la modification constitutionnelle. Le chef de l’État a démontré les limites de l’actuelle loi fondamentale. Il estime qu’elle ne favorise pas une gestion optimale du pays.

Il mise sur la proximité et la consultation pour engager les grandes réformes nécessaires à l’avancement du pays. D’où, le président de la République a invité le souverain primaire à trancher. « L’actuelle Constitution ne facilite pas la bonne gouvernance de la République démocratique du Congo. Je suis venu interroger le souverain primaire sur l’éventualité de son changement ou de sa révision. La voix du peuple est celle que je suivrai, car ce que dit le souverain, c’est ce que je ferai », a-t-il annoncé, suscitant des acclamations nourries dans l’assistance.

Le garant de la nation a laissé entendre que le texte mère doit répondre aux aspirations du peuple et s’adapter aux réalités nationales. « Tout changement envisagé se fera dans le strict respect de la démocratie et de l’état de droit », s’est-il engagé.

Après trois jours à Kananga, Félix Tshisekedi a poursuivi sa tournée dans l’espace Kasaï, mission qu’il a entamée depuis quelques jours. À Mbuji-Mayi, il va inspecter plusieurs projets d’infrastructures et inauguré l’hôpital de la Muya.


Ouragan / Provinces26rdc.com

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