Le greffier du Tribunal de Commerce de Kinshasa/Gombe, Jules Ngoy, a été rélaxé jeudi 27 janvier 2022. Le porte-parole du Comité laïc de coordination (CLC), maître Hervé Diakiese , qui confirme cette information, précise que Jules Ngoy a quitté la prison de Makala depuis hier jeudi.
Jules Ngoy, greffier du tribunal du commerce de Kinshasa a été arrêté mercredi 26 janvier pour avoir notifié aux opérateurs des télécommunications l’ordonnance de cessation du prélèvement du Registre des Appareils Mobiles (RAM).
Depuis son instauration jusqu’à ce jour, le Registre des Appareils Mobiles (RAM), a fait l’objet de plusieurs interrogations dans le chef de toute la population congolaise qui est la première victime, mais aussi plusieurs examens auprès des particuliers et instances publiques. Pour d’aucun cette taxe n’a été la bienvenue.
A ce jour, une sanction parlementaire est déjà en gestation contre le premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde au sujet du prélèvement de cette taxe.
À en croire, le député National Eliezer Ntambwe, l’assemblée nationale s’apprête à sanctionner Jean-Michel Sama Lukonde car il n’a pas pris en compte la demande de des deux chambres du parlement pour la supression pure et simple de la taxe RAM.
Dans un arrêt rendu ce 24 janvier 2020, le tribunal de commerce de Kinshasa a demandé aux réseaux de télécommunication (Airtel, Vodacom, Orange et Africell ) de cesser immédiatement tous prélèvements des sommes au titre de Registre des Appareils Mobiles (RAM), à l’occasion de toute recharge de crédit ou par tous autres mécanismes d’accès au service contractuel entre les requérants et de la sommé.
RAM : Maître Jérémie Lobanga juge illégale la détention du greffier Jules Ngoy

Le 25 janvier dernier le greffier du Tribunal de Commerce de Kinshasa, Jules Ngoy a été arrêté et détenu à la Prison Centrale de Makala. La justice lui reproche d’avoir notifié aux sociétés des télécommunications une sommation judiciaire à la requête des citoyens Congolais, de stopper les prélèvements de la taxe liée au Registre des Appareils Mobiles (RAM). Ce qui soulève une vive polémique et une vague d’indignation. Maître Jérémie Lobanga Bekalola juge illégale cette arrestation ou encore sa détention à la prison.
Cet avocat au Barreau de Kinshasa/Matete pense que le greffier Jules Ngoy n’a fait que respecter son travail. Notifier aux sociétés des télécommunications une décision judiciaire est dans ses attributions « un greffier comme c’est le cas de Jules Ngoy a pour mission d’assister les juges dans leur œuvre de dire le droit. A ce titre il établit les registres du tribunal, il tient les procès-verbaux d’audience lors des instances et conformément à l’article 3 du code de procédure civile. Il est aussi appelé à signifier les exploits ou actes de procédure aux différentes parties engagées dans une bataille judiciaire. C’est à ce juste titre que monsieur Jules Ngoy, greffier de son état a eu à signifier la sommation de cessation des prélèvements de la taxe RAM aux différentes sociétés de télécommunications. Il n’a de ce fait violé aucune loi du pays, loi prise ici au sens le plus large possible », explique Maître Jérémie Lobanga.
Selon l’avocat, comme le greffier n’a pas commis une infraction la Constitution lui garantit une liberté tout comme toute autre personne. « Le 4e alinéa de l’article 17 de notre Constitution stipule que nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui ne constitue pas une infraction à la fois au moment où elle est commise et au moment de la condamnation. Principe sacro-saint en droit, équivalent du principe de la légalité des délits et des peines, suppose qu’aucun citoyen, ne peut être inquiété par une quelconque privation de liberté pour un acte non infractionnel. Ce principe souffre malheureusement de son application dans la pratique judiciaire congolaise, puisque plusieurs arrestations opérées dans notre système judiciaire ne le sont que pour des raisons sentimentales ou sur ordre d’une quelconque autorité administrative », démontre ce jeune avocat.
Il termine en rappelant que sa détention constitue une arrestation arbitraire opérée par les ennemis de l’Etat de droit.
La taxe RAM a été instaurée en mars 2021, l’Etat à travers les sociétés des télécommunications prélèvent entre 0.17 USD et 1.17 USD en termes des crédits téléphoniques. Les frais liés à cette taxe n’ont jamais été retrouvés dans le budget ni dans les comptes spéciaux du gouvernement ce qui a poussé l’Assemblée Nationale à demander sa suppression, ce qui n’a pas été fait.
24 sur 24 CD / Provinces26rdc.net
Laisser un commentaire