RDC-Beni : les élus accusés d’instrumentaliser les mouvements citoyens

La sonnette a été tirée par le maire intérimaire de la ville de Beni. Devant six ministres et trois députés provinciaux qui ont fait le déplacement jusqu’à Beni ville pour participer à un dialogue social organisé par l’ONG OIM, Bakwanaha Modeste a alerté sur le fait que des jeunes membres des mouvements citoyens sont manipulés par des députés tant provinciaux que nationaux de la ville de Beni pour les opposer aux autorités légalement établies.

L’autorité urbaine a noté que les institutions locales n’entretiennent aucun problème avec la jeunesse à part la main noire des élus qui les opposent. Séance tenante, M. Bakwanaha a sollicité l’implication des ministres présents lors du dialogue pour dissiper ce conflit tacite entre les élus du peuple et les autorités locales.

« Les mouvements citoyens bénéficient du soutien des élus qui opposent ces jeunes gens aux autorités locales. Et nous avons des preuves. Il est inadmissible que dans une entité, un maire de la ville, un bourgmestre, un administrateur de territoire ou chef de collectivité soit traité comme un opposant éternel à certains élus. Je prends l’exemple de Beni où un maire pour une consultation quelconque lance une invitation au téléphone à un Monsieur de la ville, le citoyen que vous invitez au bureau au lieu qu’il vienne, c’est plutôt un Honorable qui vous appelle et vous demande pourquoi vous invitez ce monsieur là. Et finalement l’invité ne répond pas. C’est inadmissible. messieurs, leurs excellences, nous nous souffrons. Nous n’avons aucun problème avec les jeunes mais nous sommes plutôt victimes d’une manipulation politique. Nous pensons que la province va nous aider dans cette guerre sans merci qui ne permet pas la cohésion sociale », a regretté le maire Bakwanaha Modeste de la ville de Beni.

Selon lui, que de hausser les tons dans leurs hémicycles comme pour défendre les intérêts de leurs électeurs, les députés qui ont ont gagné des élections en jetant de l’opprobre aux autorités locales, s’adressent aux jeunes via les radios locales pour les opposer soit à la Monusco, soit aux autorités locales.

« Il n’y a pas que des élus de la province même ceux du niveau national qui attisent le feu. Ils ne parlent pas là où ils sont envoyés parler mais ils troublent leur base. Ces Honorables parlent aux radios locales ce qu’ils ne savent pas dire à leurs assemblées. Ils disent par exemple, jeunes prenez-vous en charge, chasser la Monusco ou chasser l’autorité telle. Mais dites ça là-bas car nous, nous sommes nommés que de nous opposer à notre propre population », a conclu le maire intérimaire Bakwanaha Modeste.

Il faut rappeler que cette cacophonie entre autorités locales de la ville de Beni et les élus ne date pas d’aujourd’hui. Même, le maire de la ville de Beni suspendu, Nyonyi Bwanakawa Masumbuko Jean-Edmond les avait aussi accusés pour, dit-il, leur connivence avec les égorgeurs et criminels urbains de la région. Une accusation qui lui avait valu une plainte initiée par un élu national mais dont la suite tarde toujours.


Ouragan Fm /provinces26rdc.net

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