RDC-Débat sur la Constitution : des jeunes proches de l’UDPS manifestent devant les paroisses catholiques de Kananga contre la CENCO

La récente prise de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) contre un éventuel changement de la Constitution a suscité une vive réaction des jeunes se réclamant de l’UDPS à Kananga (Kasaï-Central). Le dimanche 21 juin, ces jeunes se sont rassemblés devant plusieurs paroisses catholiques pour exprimer leur désaccord avec la position des évêques catholiques.

Dès les premières heures de la matinée, des centaines de jeunes, parmi lesquels de nombreux conducteurs de moto-taxi, se sont regroupés devant la pro-cathédrale Saint-Clément ainsi que dans d’autres paroisses de la ville. Arborant des banderoles et des calicots, les manifestants ont exprimé leur désaccord avec la déclaration de la CENCO, qui s’oppose à toute révision de la Constitution actuellement en vigueur.

Les protestataires ont également formulé une revendication précise : le retrait de la signature de l’archevêque de Kananga, Monseigneur Félicien Ntambue, du document publié par la Conférence épiscopale. À leurs yeux, cette prise de position n’engage pas nécessairement l’ensemble des fidèles de la région.

Malgré la sensibilité du sujet, la mobilisation s’est déroulée sans incident majeur, selon des témoins sur place. Les forces de l’ordre sont restées vigilantes afin de prévenir tout débordement, contribuant ainsi au maintien du calme dans la ville.

Dans ce contexte, un appel à l’apaisement a été lancé par le député national Marcel Tshipepele, élu de Kananga. Dans un message adressé à la population, il a exhorté les différentes parties à « privilégier la cohésion sociale et à éviter les tensions inutiles ». Il a notamment insisté sur l’importance du respect des lieux de culte, soulignant leur caractère sacré et leur rôle crucial dans la communauté.

Le parlementaire a également rappelé que la CENCO, en tant qu’organisation, dispose du droit d’exprimer ses opinions sur les enjeux nationaux. Toutefois, a-t-il précisé, les prises de position de la Conférence épiscopale « ne sauraient être considérées comme représentatives de l’ensemble de l’Église catholique ni de tous ses fidèles ».

Pour Marcel Tshipepele, le peuple congolais demeure souverain. Selon lui, c’est à la population, dans le respect de la loi et des institutions, de se prononcer, le moment venu, sur les grandes orientations politiques du pays.

Alors que les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle restent sensibles en République démocratique du Congo, certains observateurs estiment que la situation à Kananga illustre les divergences d’opinion qui traversent la société, tout en rappelant la nécessité d’un dialogue apaisé.

 


Radio Okapi / Provinces26rdc.com

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