RDC : “Dialogue, le temps des patriotes : il n’y a plus de majorité ni d’opposition quand la patrie est menacée” (Par Jean Thierry Monsenepwo)

Ce samedi 18 juillet 2026, le Président de la République, Chef de l’État, vient de poser un acte qui marquera sans doute un tournant dans la gestion de la crise que traverse notre pays.

En annonçant la convocation d’un dialogue inclusif à la suite de sa rencontre avec les responsables des confessions religieuses, le Président Félix Tshisekedi n’a pas ouvert une négociation sur le pouvoir. Il a ouvert la voie à une mobilisation nationale.

Et La nuance est fondamentale.

Car ce dialogue ne sera pas convoqué au nom d’un compromis politique quelconque. Il le sera à la lumière de l’article 69 de la Constitution, qui fait du Président de la République le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la continuité de l’État et du fonctionnement régulier des institutions.

Autrement dit, le cadre constitutionnel lui-même définit l’objet du dialogue : défendre la République.

Voilà pourquoi ceux qui espéraient voir s’ouvrir un débat sur la légitimité des institutions, sur un prétendu partage du pouvoir ou sur une transition déguisée se trompent profondément.

Le Président de la République vient, au contraire, d’adresser un message limpide à la Nation : la crise congolaise n’est pas une crise institutionnelle. Elle n’est pas davantage une crise de légitimité. Elle est une crise sécuritaire provoquée par une agression extérieure dont le Rwanda demeure l’acteur principal selon les conclusions de plusieurs rapports internationaux.

Cette distinction change absolument tout. Car On ne construit pas une réponse à une guerre d’agression comme on règle une crise électorale.

On répond à une guerre d’agression en unissant la Nation.

C’est précisément le sens profond de ce dialogue. Il ne s’agit pas d’effacer les divergences politiques. Elles continueront toujours d’exister dans une démocratie. Il s’agit de rappeler qu’il existe un principe supérieur à toutes les appartenances partisanes : la défense de la patrie.

La République démocratique du Congo est aujourd’hui confrontée à une menace qui dépasse les clivages politiques. Nos soldats combattent sur plusieurs fronts. Des milliers de familles sont déplacées. Nos ressources budgétaires sont absorbées par l’effort de défense. Des investissements indispensables sont reportés. Les écoles, les hôpitaux, les routes, l’accès à l’eau et à l’électricité, les infrastructures de développement subissent indirectement le coût de cette guerre imposée à notre pays.

Chaque milliard consacré à la défense nationale est un milliard qui aurait pu accélérer le développement économique et social de la République.

C’est pourquoi il est temps que chaque Congolais comprenne une vérité simple : l’agression rwandaise n’est pas le problème d’un régime. C’est le problème de toute une Nation.

L’histoire nous jugera moins sur nos divergences politiques que sur notre capacité à défendre ensemble la souveraineté de notre pays lorsque celle-ci était menacée.

Le dialogue annoncé par le Chef de l’État constitue ainsi un appel au dépassement. Un appel adressé à tous les patriotes.

À tous ceux qui considèrent que le drapeau national vaut davantage que les intérêts partisans. À tous ceux qui comprennent que les alternances politiques sont normales dans une démocratie, mais que la disparition progressive de la souveraineté nationale ne l’est jamais.

Le moment est venu de choisir son camp. Non pas le camp d’un homme. Non pas le camp d’un parti. Mais le camp de la République.

Car lorsqu’une Nation est agressée, il ne reste finalement que deux catégories d’acteurs : ceux qui contribuent à sa défense et ceux qui, par calcul, par complaisance ou par silence, affaiblissent l’unité nationale.

Le dialogue voulu par le Président Félix Tshisekedi est donc bien plus qu’une initiative politique. Il est un rendez-vous avec l’Histoire.

Et l’Histoire, elle, n’accorde jamais de circonstance atténuante à ceux qui hésitent lorsque la patrie les appelle.

Par l’ambassadeur PCA Jean Thierry Monsenepwo 

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