Ancien chef de la délégation gouvernementale au dialogue intercongolais de Sun City, signataire de l’Accord global et inclusif qui en est ressorti et porte-parole de l’ancienne majorité présidentielle au dialogue de la Cité de l’Union africaine, le député national Léonard She Okitundu entend mettre son expertise au service du prochain dialogue politique national inclusif annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi. Sa formation politique, le Parti social-démocrate vert (PSDV), a présenté une série de recommandations, mardi 4 août 2026, destinées à baliser les travaux de ce rendez-vous historique.
Après l’annonce d’un dialogue politique national inclusif en République démocratique du Congo, les déclarations fusent de toutes parts. Partis ou regroupements politiques, personnalités, confessions religieuses et même organisations de la société civile se sont prononcés, massivement, en faveur de la convocation de ces assises. Le président national du PSDV a finalement fait connaître sa position. Une contribution qui visiblement, ne procède pas d’une simple prise de position partisane, mais s’appuie sur un parcours politique étroitement lié aux principaux processus de dialogue qui ont jalonné l’histoire politique de la RDC au cours des trente dernières années.
Globalement, She Okitundu préconise un dialogue centré sur la cohésion nationale, la défense de la souveraineté du pays et une sortie durable de la crise sécuritaire.
Fort de son expérience, à laquelle s’ajoute son statut de parlementaire, le député national She Okitundu estime que le futur dialogue devra, avant tout, répondre à l’urgence nationale imposée par l’agression rwandaise.
Priorité à la question de l’agression rwandaise
Pour lui, « sans préjudice d’autres questions importantes relevant de la politique interne, cette grande concertation devra porter principalement sur la formation d’un large bloc patriotique contre l’agression» du pays.
Le président national du PSDV propose que le dialogue se déroule sur le territoire national et réunisse la majorité présidentielle, l’opposition non armée, la société civile ainsi que des personnalités politiques.
En ce qui concerne l’opposition armée, il soutient que celle-ci est engagée dans d’autres processus de pourparlers avec le gouvernement.
« Concernant l’opposition armée, le PSDV soutient qu’elle poursuive, pour des raisons évidentes, les pourparlers engagés avec les représentants du Gouvernement à l’extérieur du pays. Ces discussions spécifiques doivent viser notamment l’exécution rigoureuse des engagements pris dans le cadre du processus de Doha (désarmement, démobilisation et réinsertion des groupes armés) et de l’accord de Washington, sans préjudice de la mise en œuvre effective des obligations contraignantes découlant de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, feuille de route essentielle du règlement durable du conflit », peut-on lire dans la feuille de route proposée par Léonard She Okitundu.
L’ancien chef de la diplomatie congolaise et l’un des signataires de l’Accord global et inclusif issu du dialogue intercongolais de Sun City, considéré comme le principal texte fondateur de la transition congolaise, estime que le chef de l’État doit jouer un rôle central dans l’encadrement politique du processus. Il encourage le président Félix Tshisekedi à désigner un facilitateur crédible bénéficiant de l’appui des principales confessions religieuses du pays.
« Étant donné qu’il s’agit d’un dialogue national, le Parti Social-Démocrate Vert est d’avis qu’il est impérieux que le Chef de l’État joue un rôle de premier plan dans l’encadrement des travaux de ces assises, en sa qualité de représentant de la Nation et de l’incarnation du symbole de l’unité nationale, prérogatives que lui confère l’article 69 de la Constitution. À ce titre, il lui revient de désigner une personnalité jouissant d’une crédibilité suffisante auprès des parties prenantes au dialogue pour en assurer la facilitation. Celle-ci bénéficiera du concours des représentants des confessions religieuses (catholique, protestante, kimbanguiste, musulmane, Église du réveil du Congo) pour l’accomplissement des tâches particulières », a-t-il précisé.
Prenant en compte le fait que la RDC aura besoin de l’appui de la communauté internationale pour l’application effective de la Résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies afin de résoudre définitivement la question de l’agression, Léonard She Okitundu plaide pour la participation, à titre d’observateurs, des représentants de l’Union africaine et de l’Organisation des Nations unies.
« À la lumière de ce qui précède, le Parti Social-Démocrate Vert réitère sa disponibilité à apporter sa contribution à la réussite du dialogue et son engagement indéfectible en faveur du recouvrement de l’intégrité territoriale et de la défense sacrée de la Patrie« , a conclu l’élu de Lumumbaville, dans la province du Sankuru.
Alternance / Provinces26rdc.com
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