Personne ne connaît le nombre exact des militaires déployés jusqu’à présent en République démocratique du Congo par l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Ces armées responsables, pour la plupart, de crimes et massacres dans les provinces de l’Est du Congo-Kinshasa, promettent aujourd’hui d’aider à résoudre le problème d’insécurité dont elles sont généralement en partie auteures.
Ce qui suscite diverses réactions des forces vives de la nation congolaise avec en première ligne, le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC.
Nicole Kavira Kinyoma, coordonnatrice nationale du Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC, (MISS/RDC), manifeste son profond regret de voir les autorités congolaises accepter l’entrée réfutée des troupes de l’EAC (East African Community), dont le contingent de l’armée burundaise a été déployé depuis le 15 août 2022 sur le territoire congolais, spécifiquement au Sud-Kivu.
“Cet acte relève d’une surmilitarisation inutile et désordonnée dans la région pour des velléités expansionnistes, de pillage et d’exploitation illicite de nos richesses minières”, indique-t-elle. Kavira estime que ces démarches contre-productives entament dangereusement la paix et la sécurité sur le territoire national congolais d’autant plus que de “ces forces dites de l’EAC (East African Community), font partie nos bourreaux bien connus, le Rwanda et l’Ouganda”, condamne-t-elle vigoureusement.
Le Mouvement des indignés de la situation sécuritaire en RDC note qu’à l’instar des autres forces sur place depuis des décennies telles la MONUSCO, la RDF (Armée rwandaise), l’UPDF (Armée ougandaise) et d’autres forces en mutualisation ou en état de siège, ont montré leurs limites pour éradiquer les multiples groupes armés étrangers et nationaux. “Cette énième entrée des troupes bourreaux ne vient que pour mettre du feu sur l’huile si bien que l’affliction du peuple congolais risque de durer encore plus longtemps”, déplorent-ils.
La paix viendra de la guerre par les FARDC
David Menge, kinésithérapeute et technicien d’études et projets n’a pas manqué d’exprimer sa douleur de constater que des pays ennemis s’offrent en faiseurs de paix sur un territoire qu’ils ont longtemps violé, dévasté et troublé. “Je me permets de vous écrire ces deux mots parce que je suis triste pour mon pays mais, je n’ai aucun pouvoir, même surhumain, pour le sortir de là où il est et offrir à mes compatriotes le bonheur qu’ils cherchent désespérément !”, s’écrie-t-il. Un cri de coeur qui s’adresse au peuple congolais de la part d’un citoyen blessé par cette option croit-il, suicidaire. “Qu’on ne nous trompe pas, le pays ne retrouvera jamais la paix avec l’intervention des militaires étrangers”, s’inquiète-t-il. Pour David Menge, seule l’armée congolaise défendra valablement l’intégrité territoriale et la souveraineté de la République démocratique du Congo. “Nous avons les moyens, formons nos garçons et équipons notre armée. La paix ne viendra ni de la négociation diplomatique, ni de la solidarité militaire de nos voisins pyromanes. La paix viendra de la guerre que nous devons, sans trahison, livrer ensemble contre nos ennemis identifiés. Pas de complaisance”, écrit-il dans son appel à une prise de conscience générale des congolais.
Corneille Mulumba appelle à barrer la route à la force de l’EAC
Dans un message daté du mercredi 17 août, Corneille Mulumba, membre fondateur de l’Udps invite lui-aussi le peuple congolais à l’unisson à se mobiliser contre le déploiement des troupes de l’EAC (East African Community) dans notre pays. “Nous allons le regretter amèrement très bientôt“, prévient-il avant de rappeler : “Souvenez-vous du cheval de troie. C’est ça exactement, les troupes de l’EAC.
Nous ne connaîtrons jamais leur effectif exact. Elles vont disposer de toute la logistique, de l’armement, et de la technologie militaire de la Monusco, des États-Unis, et de l’Europe (France). Notre armée ne pourra pas seule faire face à une telle coalition de forces“, alerte l’ancien leader Udps. Corneille Mulumba invite la nation congolaise à l’action face à la menace et à ne pas prendre le moindre risque dans ce dossier. “Partis politiques, société civile, étudiants, élus du peuple, syndicats, organisations religieuses, policiers, et militaires, tous unis comme un seul homme, refusons catégoriquement ce déploiement de malheur. Ouvrons les yeux, et mobilisons-nous pendant qu’il est encore temps. L’Est de notre pays est en train de nous être arraché”, s’alarme-t-il. L’heure est grave, conclut ce cadre du Front commun pour le Congo.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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