RDC : Fayulu veut Kabila et Nangaa autour de la table

Fayulu pousse pour un dialogue national véritablement inclusif. Depuis l’Europe, l’opposant congolais a laissé entendre que l’inclusivité des assises annoncées passe par la participation de principales figures impliquées dans la crise politique et sécuritaire en RDC, à l’instar de Joseph Kabila et Corneille Nangaa.

A en croire le leader ECiDé, aucun acteur dont le rôle est évoqué dans la crise actuelle ne devrait être tenu à l’écart. Il rappelle que la présence du président de la République honoraire et de l’ex-chef de la Centrale électorale à la table des négociations se justifie aussi par leur parcours au sein des institutions publiques. « Ils sont parties prenantes (…) Ils ont des griefs contre Tshisekedi ou contre le pays, mais si on se parle, on peut laver les mains. Les linges sales se lavent en famille », a-t-il précisé.

artin Fayulu souhaite notamment que le premier puisse s’expliquer sur les accusations portées contre lui concernant son soutien à la rébellion de l’AFC/M23. « Kabila a dirigé ce pays. Ils disent que c’est lui qui arme et finance le M23 ; il doit venir au dialogue pour nous dire pourquoi il le fait. Il doit venir pour dire pourquoi il l’a fait, quel est le problème », a-t-il justifié.

Le même plaidoyer vaut, à ses yeux, pour le second, aujourd’hui chef rebelle. Le « Soldat du peuple » comme ses partisans l’appellent, rappelle que Nangaa avait proclamé Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle de 2018 (l’élection dont il a toujours réclamé la victoire et exigé la vérité des urnes) avant de prendre les armes contre le pouvoir. « Nangaa, qui avait proclamé Tshisekedi vainqueur des élections, a pris les armes ; il tue ou fait tuer ses semblables. Il doit venir nous dire pourquoi il a fait cela », a-t-il insisté.

Au-delà des divergences et des griefs personnels, l’opposant se dit favorable à une démarche fondée sur le pardon et la recherche de la vérité. Il affirme avoir lui-même pardonné à ceux qui lui ont causé du tort, estimant que « le dialogue doit permettre aux différentes parties de mettre leurs différends sur la table ».

Fayulu propose ainsi que le dialogue soit placé sous le signe de la vérité, de la justice et de la réconciliation. Selon lui, les protagonistes doivent pouvoir se dire leurs vérités afin de parvenir à une réconciliation susceptible de renforcer la cohésion nationale. L’objectif, dit-il, ne devrait donc pas être d’exclure certains acteurs, mais plutôt de réunir les protagonistes de la crise afin qu’ils répondent de leurs actes, exposent leurs griefs et contribuent à la recherche d’une issue politique.

Cette prise de position intervient alors que les appels à un dialogue inclusif se multiplient dans le pays. Elle rejoint notamment la recommandation de Joseph Olenghankoy, qui a plaidé récemment pour que les mêmes acteurs aient aussi voix au chapitre.

Entre-temps, Félix Tshisekedi prépare une adresse à la nation consacrée au dialogue national. Le chef de l’État devra préciser les contours de cette initiative, qu’il présente comme un levier de« cohésion nationale », tout en réaffirmant son ouverture à ceux qui souhaitent y prendre part. Cette annonce intervient après l’échéance du 15 août fixée par la C64 pour apprécier les avancées du processus.

La coalition d’opposition, qui juge les gestes posés par le président Tshisekedi jusqu’ici insuffisants, a décidé de relancer sa mobilisation et prévoit d’ailleurs une marche pacifique le 15 septembre pour dire « non » au projet de changement constitutionnel. Du côté du pouvoir, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, avait déjà prévenu le 28 juillet que le calendrier présidentiel ne répondrait à « aucune forme d’ultimatum ».


Ouragan / Provinces26rdc.com

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