La gestion des fonds alloués à l’indemnisation des victimes de la guerre de Six Jours soulève des interrogations sur l’attribution de plusieurs millions de dollars à des sociétés qui ne peuvent pas être localisées ni clairement identifiées. Le dossier FRIVAO met en évidence des préoccupations liées au manque d’informations fiables sur ces entreprises, malgré les montants importants qui leur ont été accordés.
Ces entreprises figurent dans des contrats publics, reçoivent des fonds importants, puis deviennent introuvables lors des vérifications. Elles ne disposent pas d’existence légale confirmée ni de responsables identifiés, ce qui crée une situation d’opacité qui suscite des interrogations et des inquiétudes.
À mesure que les faits émergent, le doute s’installe et s’épaissit. Car derrière ces marchés attribués à des entités introuvables, c’est toute la mécanique de gestion des fonds publics qui semble vaciller, entre zones d’ombre et interrogations persistantes.
Lors de l’ouverture du procès, mardi 21 avril à Kinshasa, l’affaire FRIVAO a été placée sous les projecteurs, révélant l’ampleur des accusations portées au cœur de la gestion des fonds publics. L’ancien coordonateur ad intérim du Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC (FRIVAO), Chanchard Bolukola Osony, y apparaît comme la principale figure mise en cause.
Au centre des débats, il lui est reproché d’avoir validé l’attribution de marchés publics à deux entreprises pour un montant estimé à près de deux millions de dollars. Ces contrats, au cœur de la procédure, suscitent déjà de nombreuses interrogations sur leur conformité et les conditions de leur octroi.
Selon les éléments du dossier, le ministère public n’a pu établir ni l’existence juridique de ces entreprises, ni l’identité de leurs dirigeants, ni même leur adresse physique. Une situation qui met en lumière de possibles manquements graves dans la procédure de passation des marchés.
Face aux enquêteurs, l’ancien responsable a livré des explications jugées insuffisantes. Évoquant la localisation de l’une des sociétés, il a indiqué qu’elle se situerait « non loin de ShowBuzz, à Socimat », une précision qui n’a permis aucune identification concrète sur le terrain.
Des zones d’ombre qui interrogent la gestion des fonds publics
Plus préoccupant encore, Chançard Bolukola Osony a reconnu ne pas connaître les responsables des sociétés bénéficiaires. Une déclaration qui soulève des doutes quant au sérieux des vérifications préalables à l’octroi de ces marchés publics.
Dans un contexte où la transparence est exigée dans la gestion des finances publiques, l’attribution de contrats à des entités introuvables fragilise la crédibilité des mécanismes de contrôle. Les analystes du secteur s’interrogent sur la destination réelle des fonds engagés.
Ce dossier prouve des failles potentielles dans les dispositifs administratifs, notamment en matière de traçabilité et de conformité. L’absence d’informations fiables sur les bénéficiaires constitue un signal d’alerte pour les institutions concernées. Sur le plan judiciaire, la procédure suit son cours. Lors de la dernière audience, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire afin de garantir le respect des droits de toutes les parties impliquées.
« Pour garantir un procès équitable, nous allons renvoyer l’audience à vendredi 24 avril 2026. L’audience est contradictoire à l’égard de toutes les parties », a déclaré la juge présidente. Le rendez-vous est donc fixé à cette date, où de nouveaux éléments pourraient éclairer davantage ce dossier aux multiples zones d’ombre, et peut-être apporter des réponses aux nombreuses interrogations qu’il suscite.
Si la défense a obtenu un renvoi, le parquet, lui, a transformé la brève audience en tribune d’alerte, dévoilant ce qu’il considère comme la profondeur des dérives reprochées à l’ancien coordonnateur intérimaire. Derrière un projet présenté comme un simple documentaire financé à hauteur de plus d’un million de dollars, c’est tout un système de passation des marchés publics qui se retrouve mis à nu.
Selon les éléments versés au débat, Chanchard Bolokola aurait engagé des fonds publics considérables au profit d’entreprises dont la consistance juridique demeure introuvable. Le rapport de l’Inspection générale des finances, invoqué à l’audience, dresse un constat sévère : « aucune identité claire de dirigeants, aucune adresse vérifiable, comme si les structures concernées s’étaient dissoutes avant même d’exister pleinement dans le réel ».
Au centre des soupçons, deux entités en particulier cristallisent l’attention : Global Business et DIVO. Ces sociétés auraient perçu près de deux millions de dollars dans le cadre de projets exécutés à Kisangani, sans que les garanties habituelles de traçabilité administrative ne puissent être établies.
Dans cette affaire, même les repères géographiques semblent se dérober. Une localisation évoquée de manière imprécise dans un quartier commercial de Kinshasa est jugée insuffisante par la justice, qui refuse d’y voir une adresse légale exploitable. Pour le parquet, ces entités ne relèvent plus de simples irrégularités administratives, mais bien de « sociétés fictives », tant leur existence échappe aux investigations.
Détenu à la prison centrale de Makala, le prévenu fait désormais face à des accusations lourdes, notamment de détournement de deniers publics et de violation des procédures de passation des marchés, dans un dossier où chaque élément renforce un peu plus la gravité des soupçons qui pèsent sur lui.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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