La RDC a depuis 2019 introduit la gratuité de l’enseignement primaire. Mais, malheureusement, les enfants vivant avec handicap ont du mal à y avoir accès. C’est pour remédier à cette situation que le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (Epst) et celui des Affaires sociales chargées des personnes vivant avec handicap vont bientôt mettre en place une stratégie pour une éducation inclusive. Ce lundi 21 août 2023, Tony Mwaba et Irène Esambo se sont entretenus à ce sujet.
L’école primaire congolaise reste inaccessible à la majorité des handicapés. Selon les données de l’Unesco, environ 45 % des élèves handicapés moteurs et 75 % des handicapés mentaux de 6 à 11 ans sont hors de l’école (contre 28,7 % de leurs pairs non handicapés). C’est pour cette raison que les deux ministères envisagent d’inverser la donne, ils comptent mettre en place des mesures d’application en rapport avec l’éducation inclusive. Et particulièrement celle qui concerne les personnes vivant avec handicap et vulnérables.
Il faut savoir que la RDC prône l’éducation inclusive dans le cadre de la Loi-cadre de l’Éducation nationale. Pour Irène Esambo, il est temps de permettre à ces enfants d’avoir une scolarité normale. Il faut mettre des « mesures d’application pour rendre l’accès facile aux enfants vivant avec handicap et aux autres enfants qui ont des problèmes particuliers par rapport à leur accès à l’éducation », a-t-elle indiqué. Elle explique ensuite que les deux ministères réfléchissent déjà sur ces mesures. « Parce que d’ici là, nous devons avoir un atelier national de réflexion sur la mise en place de la stratégie nationale de l’éducation inclusive. Mais la stratégie concernera aussi l’employabilité des personnes vivant avec handicap ».
Les mesures
Les articles 107 et 108 de la loi-cadre 14/004 du 11 février 2014 disposent : « L’enseignement spécial est organisé en faveur des groupes vulnérables et des catégories socioprofessionnelles spécifiques, en fonction de leurs besoins particuliers. [Il] est assuré soit dans des établissements spécialisés, soit dans des classes spéciales incorporées dans les écoles, ou par l’intégration des apprenants en situation de handicap dans les classes existantes des écoles ordinaires à tous les niveaux d’enseignement ». Les articles 109 et 110 ajoutent que « l’État s’engage à créer des conditions favorables à l’épanouissement des enfants surdoués à travers l’élaboration d’un programme spécial d’études aux différents niveaux de l’enseignement national ».
Ces mesures doivent concerner tant le contenu de l’enseignement que les infrastructures. Selon la Stratégie sectorielle de l’éducation et de la formation (SSEF) 2016-2025, il faut créer des écoles spécialisées. Les infrastructures doivent également être adaptées à ces enfants. Ces élèves peuvent bénéficier d’uniformes et de fournitures scolaires à prix réduits. Et ensuite rendre disponibles des cantines scolaires subventionnées.
Pour y parvenir, la stratégie doit être multisectorielle. C’est ce qu’explique Irène Esambo. « Nous allons mettre en place une commission interministérielle ». Celle-ci concernera l’Epst, l’Éducation supérieure, la Formation professionnelle, les Affaires sociales, et surtout l’Emploi.
Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com
Laisser un commentaire