Le ministère de l’Éducation nationale a publié les résultats de l’Examen d’État (Exetat) pour trois provinces éducationnelles : le Haut-Katanga 1, le Mont Amba et le Kasaï-Oriental 1. Comme chaque année, la liste des lauréats, les élèves ayant obtenu les meilleures notees, a également été rendue publique. Fait marquant : dans la province éducationnelle du Haut-Katanga 1, une large majorité de ces lauréats provient des écoles privées.
Selon les données officielles, 74 % des 26 lauréats de cette province sont issus d’établissements privés, notamment les collèges Mwasupukeni, Saint-Vincent-de-Paul ou encore le complexe scolaire Galaxie. Seuls 7 élèves (26 %) viennent des écoles publiques, dont 4 des établissements non conventionnés et 3 des écoles conventionnées catholiques ou protestantes, comme l’Institut Salama, Kyangalele ou Kitabataba.
Un recul progressif des écoles publiques
Si ce pourcentage constitue une légère amélioration par rapport aux années précédentes, il s’inscrit dans une tendance de fond. En 2022-2023, seulement 8 % des lauréats étaient issus du secteur public. L’année précédente (2021-2022), ils représentaient 36 %. Pourtant, il y a encore une décennie, les écoles publiques, en particulier les conventionnées catholiques, dominaient le palmarès des meilleurs résultats.
En 2015, par exemple, l’Institut Imara, situé dans la même province, avait obtenu des résultats remarquables : dans la filière Latin-Philo, le meilleur élève affichait une moyenne de 83 %, et le moins bon 69 %.
Des écoles privées mieux outillées ?
Le président du syndicat des écoles conventionnées catholiques, Banzamukala Mokili, pointe du doigt l’effet de la gratuité de l’enseignement, qui aurait, selon lui, désorganisé le fonctionnement des écoles publiques. « Les établissements privés sont aujourd’hui mieux structurés, avec des équipements modernes et des laboratoires fonctionnels », estime-t-il. Ces conditions offriraient un meilleur encadrement aux élèves, particulièrement en phase de préparation à l’Exetat.
Le contraste avec le Kasaï et le Mont Amba
La situation dans le Haut-Katanga tranche avec celle observée dans les deux autres provinces concernées par la publication des résultats. Au Kasaï-Oriental 1, 15 des 19 lauréats (78 %) viennent des écoles publiques. La tendance est similaire au Mont Amba, où 80 % des lauréats (8 sur 10) sont également issus du secteur public.
À Mbuji-Mayi, Alain Luboya, parent d’élève, se félicite de la qualité de l’enseignement public dans sa province. « Les écoles publiques ici forment mieux, elles sont moins coûteuses et disposent d’enseignants compétents. Dans les écoles privées, les exclusions fréquentes nuisent à la préparation des élèves », affirme-t-il.
Un écart à surveiller
La domination des écoles privées dans certaines provinces et celle des écoles publiques dans d’autres révèlent des disparités régionales importantes. Alors que le Haut-Katanga semble en perte de vitesse sur le plan public, d’autres provinces montrent que le secteur public peut encore offrir une éducation de qualité.

La Guardia magazine / Provinces26rdc.com
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