À Kipushi, la découverte d’ossements humains dans une brousse ravive les inquiétudes sur l’insécurité dans le Haut-Katanga. La société civile exige des réponses, alors que les autorités annoncent l’ouverture d’investigations.
Une brousse, des ossements et déjà trop de questions. Dans le territoire de Kipushi, au Haut-Katanga, la découverte d’ossements humains attribués à plus de huit corps vient ajouter une nouvelle inquiétude à un climat sécuritaire déjà tendu dans la province.
Les restes ont été retrouvés dans une zone broussailleuse de Kinpakasa, à proximité du cimetière Mukwemba, dans la chefferie de Chindaïka. Une découverte suffisamment troublante pour pousser la société civile à réclamer une enquête sans délai.
L’alerte a été donnée mardi 1er septembre par Bertin Tshoz, responsable de la thématique Gouvernance sécuritaire et paix au sein du cadre de concertation de la société civile. Sur Top Congo FM, il a appelé les autorités judiciaires et sécuritaires à établir les faits et à identifier les éventuelles victimes.
Car derrière ces ossements, une série de questions demeure sans réponse : combien de personnes ont-elles réellement été tuées ? Depuis quand ces restes se trouvent-ils sur place ? Qui sont les victimes ? Et surtout, comment sont-elles mortes ?
Une nouvelle alerte dans une province sous tension
Pour la société civile, cette découverte ne peut pas être considérée comme un fait isolé sans investigation approfondie. Elle intervient alors que plusieurs cas de corps sans vie ont récemment été signalés dans d’autres villes du Haut-Katanga, notamment à Kasumbalesa et Likasi.
Cette succession de découvertes alimente les inquiétudes d’une population déjà confrontée à une criminalité persistante. Elle pose également une question embarrassante aux autorités : que savent-elles de cette série de morts et que font-elles pour y mettre un terme ?
Bertin Tshoz demande ainsi aux services compétents de se saisir pleinement du dossier et d’établir d’éventuels liens avec les précédentes découvertes de corps dans la région.
Les autorités promettent de faire la lumière
Contacté par la presse, le ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité, Jean-Jacques Kashiba, a confirmé que ses services avaient été alertés. Une équipe a été dépêchée sur place afin de procéder aux premières constatations.
Les enquêteurs devront notamment déterminer le nombre exact de victimes, l’ancienneté des ossements et les circonstances de leur mort. À ce stade, aucune conclusion définitive ne permet donc d’établir l’existence d’un lien entre cette découverte et les autres affaires signalées dans la province.
Mais l’urgence est ailleurs : identifier les morts pour comprendre les morts.
Le spectre d’une criminalité qui s’installe
Cette affaire intervient dans un contexte où la société civile alerte depuis plusieurs mois sur la dégradation de la situation sécuritaire dans le Haut-Katanga.
En décembre 2025, une vingtaine de corps avaient été découverts dans les collines de Kasumbalesa. Des cas similaires avaient également été signalés à Likasi. Des motocyclistes auraient notamment été pris pour cibles par des groupes criminels, certains étant assassinés avant que leurs engins ne soient volés.
Pour les organisations citoyennes, le problème dépasse désormais le simple fait divers. Elles réclament un renforcement du dispositif sécuritaire et des enquêtes capables de remonter jusqu’aux auteurs et aux éventuels réseaux derrière ces crimes.
À Kipushi, les ossements de Kinpakasa rappellent surtout une réalité que les autorités ne peuvent plus éluder : lorsque des corps apparaissent les uns après les autres, le silence n’est plus une réponse.
FNTV / Provinces26rdc.com
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