Dans la province de l’Ituri, l’accès à l’éducation continue de se dégrader sous l’effet des violences armées et des crises humanitaires. Dans la zone de santé de Fataki, en territoire de Djugu, des milliers d’enfants sont privés d’école depuis plusieurs mois, compromettant gravement leur avenir.
En effet, dans le territoire de Djugu, l’école n’est plus une évidence pour des milliers d’enfants. Depuis décembre 2025, plus de 16 700 élèves restent privés d’éducation dans la zone de santé de Fataki. C’est une conséquence directe de l’insécurité persistante qui a entraîné la fermeture d’au moins 44 établissements scolaires, rapporte OCHA.
Les violences armées répétées, notamment dans les localités de Bule et ses environs, continuent de perturber profondément la vie des populations civiles. Les tirs d’obus, les attaques contre des sites de déplacés et d’autres violences maintiennent un climat de peur permanent. Dans ces conditions, les parents comme les enseignants hésitent à fréquenter les écoles. Et parfois, les écoles sont détruites, voire occupées, ce qui empêche complètement les cours.
Au-delà de la fermeture des infrastructures, la crise des déplacements aggrave la situation éducative. Des milliers de familles ont fui les affrontements et vivent désormais dans des sites de déplacés ou au sein de communautés d’accueil déjà fragilisées. Dans ces lieux, l’accès à l’éducation reste extrêmement limité. Les enfants déplacés, souvent traumatisés, sont contraints d’abandonner leur scolarité, indique OCHA dans son rapport mensuel de février 2026.
Des efforts restent visibles afin de soutenir la continuité de l’apprentissage
Des efforts restent toutefois visibles. Environ 1 500 élèves déplacés ont pu être intégrés dans quelques écoles de la zone de santé de Bunia. Mais cette réponse demeure largement insuffisante face à l’ampleur des besoins, représentant moins de 10 % des enfants affectés. Les capacités d’accueil des écoles hôtes sont rapidement saturées, faute d’infrastructures adéquates et de ressources pédagogiques suffisantes.
De plus, certaines organisations humanitaires tentent d’apporter des solutions ponctuelles. Au mois de février dernier, des kits pédagogiques ont été distribués à plus de 150 enseignants dans 22 écoles dans les zones de santé de Nizi. Ceci est dans le but de soutenir la continuité de l’apprentissage, indique le Cluster éducation. Néanmoins, sans amélioration durable de la sécurité, ces initiatives peinent à produire un impact significatif.
Par ailleurs, les catastrophes naturelles viennent accentuer les difficultés. De fortes pluies accompagnées de vents violents ont récemment endommagé des salles de classe. Celles-ci ont réduit davantage les possibilités d’apprentissage pour les enfants.
Sur ce, les acteurs humanitaires appellent à la mise en place de solutions alternatives. C’est notamment des espaces temporaires d’apprentissage ou des programmes d’éducation en situation d’urgence. Privés d’éducation, ces enfants sont davantage exposés aux risques d’exploitation. Ils sont aussi prédisposés au recrutement par des groupes armés ou à une marginalisation durable, alerte cette agence des Nations unies.
Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com
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