L’ancien gouverneur du Katanga a tenu un point de presse lundi 18 mai 2020 à Lubumbashi. 45 jours avant la commémoration de l’indépendance de la RDC, il constate une oligarchie basée uniquement à Kinshasa.
À cet effet, Jean-Claude Kazembe s’est posé la question de savoir : « A qui profitent les ressources de la République Démocratique du Congo » ?
Pour lui, cela profite à une oligarchie basée à Kinshasa qui se renouvelle par cooptation. La dernière s’est passée par des élections « fantaisistes » avec la clochardisation d’une population paupérisée à dessein. Il souligne :
“Avant-hier, les riches ont été appelés mobutistes. Hier, on les a appelés kabilistes. Aujourd’hui, les nouveaux riches s’appellent les Tshisekedistes”.
Ayant goutté au miel, les Tshisekedistes sont en train de se fourvoyer dans les antivaleurs. Il s’agit notamment de rétro-commissions, commissions, détournements des financements de sauts-de-mouton et logements sociaux.
Quid des oligarchies ?
Ces oligarchies qui se succèdent sont généralement, selon Jean-Claude Kazembe, constituées :
Des membres des familles régnantes qui sont des commissionnaires et des protecteurs des mafieux ; ministres qui sont des politiciens gueulards qu’il faut réduire au silence et auxquels on n’exige ni moralité ni compétence ; mandataires des entreprises de l’Etat, pourvoyeurs des moyens financiers à l’oligarchie, sans contrepartie en management ou d’expansion de l’entreprise.
A cela s’ajoute les députés et les sénateurs qui servent de paravent. Leur rôle est, en conséquence, de protéger ceux qui dirigent et endorment le peuple. Il cite le détournement de 27,6 millions dans le Haut-Katanga sans que cela n’émeuve les députés nationaux ou provinciaux. Jean-Claude Kazembe lance :
“Comme des chiens bergers, on peut les lancer pour défenestrer un Gouverneur ou un Ministre. Bref, tout celui qui gêne les vrais manipulateurs basés à Kinshasa’’.
Vivement le fédéralisme
Pour diminuer l’influence de l’oligarchie kinoise dans la gestion du pays, il propose le fédéralisme. Forme de l’Etat qui se fera avec six Etats hérités de la colonisation qui seront également subdivisés en provinces. Il parle de l’Etat fédéral du Katanga ; du Kasaï ; du Kivu ; de l’Oriental ; de l’Équateur et du Kongo Central.
Le fédéralisme implique, en effet, la révision de la constitution. Kazembe se réfère au fait que le Président Tshisekedi et son parti l’UDPS ne l’ont jamais approuvée.
Plusieurs hauts cadres du FCC, comme l’Ambassadeur Mugalu se sont prononcés. Pour lui, ce sont les belligérants qui ont régi la Constitution de la RDC. Il faut, donc, la changer au profit d’une autre, élaborée par les congolais eux-mêmes.
Avantage du fédéralisme
À entendre Jean-Claude Kazembe, la constitution et le code minier étaient confectionnés à l’étranger par les étrangers pour les étrangers. Il estime qu’il est temps de la changer.
L’ancien gouverneur rappelle qu’il y a eu une constitution rédigée au Congo, par les congolais et pour les Congolais. C’est-à-dire, celle de Luluabourg et de la Conférence nationale souveraine. Dans ces deux constitutions le peuple avait opté pour le fédéralisme, comme forme de l’Etat congolais.
Car le fédéralisme favorisera le dégraissage des institutions au niveau central. Le parlement pourra, par exemple, passer de 500 à 200 membres . Et, un Sénat de 50 personnes sera suffisant pour représenter les 6 Etats. En plus, il suggère un Gouvernement de 30 personnes pour s’occuper des matières nationales essentielles. Les directions de certaines entreprises seront supprimées ou régionalisées pour les rendre efficaces.
Svein Mediab /provinces26rdc.net
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