C’est une situation anormale, visiblement tolérée depuis plusieurs décennies. Une partie de la concession de la prison centrale de Kisangani, située dans le chef-lieu de la province de la Tshopo, est illégalement occupée depuis plus de trente (30) ans.
Les responsables pénitentiaires ont informé le ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux, en visite dans cet établissement mercredi 8 avril, de la spoliation d’environ un hectare du domaine carcéral par des particuliers.
L’une des villes régulièrement visitées par des membres du gouvernement central, Kisangani dissimulait pourtant une réalité passée jusque-là sous silence, échappant aux caméras qui accompagnent habituellement les officiels en déplacement. Des particuliers ont spolié une partie de l’espace de la prison centrale et y ont érigé des habitations.
Selon le directeur de la prison, Junior Okondji, la situation est d’autant plus préoccupante que, tandis que les spoliateurs vivent paisiblement avec leurs familles sur le site spolié, de nombreux agents pénitentiaires sont contraints de louer des logements ailleurs en ville et à payer régulièrement de frais de transport pour venir travailler.
«Il y a au moins 30 maisons qui sont construites dans l’espace de la prison. C’est depuis les années 1990 que cet espace est spolié. 90% des mes agents sont de locataires, si on récupère ces maisons, ça va servir pour les agents parce qu’à tout moment il y a des urgences ici à la prison», a-t-il expliqué.
Une pénurie de médicaments

Au cours de sa visite, le ministre d’État, ministre de la Justice a également échangé avec le médecin de cette maison carcérale, qui a fait état d’une autre situation tout aussi préoccupante et dramatique.
« Actuellement à la prison centrale de Kisangani, nous sommes en rupture de stock. Si je me souviens bien, c’est depuis le mois d’octobre que nous avons acheté le dernier lot des médicaments. Et tout ce que vous voyez ici c’est grâce au lobbying de notre directeur de prison », a révélé Dr Yvon Tshimanga, sur des propos cités par l’ACP.
Il a indiqué que la pénurie de médicaments complique considérablement la prise en charge des détenus malades.
« Pour le moment nous sommes en rupture totale et nous sommes en difficulté de prendre tous les détenus qui sont ici à la prison centrale en charge sur le plan sanitaire. Si le ministre peut nous assister, ça serait une bonne chose », a précisé le médecin de la prison centrale de Kisangani.
Alternance.cd / Provinces26rdc.com
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