Le ministre provincial des Finances et civisme fiscal, Hubert Ngulandjoko, a déposé sa démission, ce vendredi 29 avril 2022, au Gouvernorat de la province du Kasaï.
La décision du désormais ex-ministre provincial des Finances est motivée par, notamment « l’acharnement contre sa personne et l’impunité des auteurs de détournement des deniers publics en province ».
« (…) Les suspicion et acharnement conflictuels dénoués de tout fondement contre ma personne par certains députés provinciaux qui ne s’illustrent que dans la recherche de leurs intérêts mettant en mal la bonne gestion de la chose publique, le disfonctionnement et la prise en otage de la DGRKAS (Direction générale des recettes du Kasaï, ndlr) par un groupe d’individus, utilisation abusive des fonds publics au profit de certaines personnes au détriment des contribuables, impunité de détourneurs des recettes de l’État (cas des agents et cadres de la DGRKAS), l’obstruction de l’audit interne sur la gestion de la DGRKAS, paie de la prime sélective, recrutement et nomination des agents à la DGRKAS sur base des connaissances et appartenances claniques par une personne sans qualité, manque d’une gestion orthodoxe de la chose publique, la criminalité fiscale, etc », note la lettre de démission du ministre des Finances datée du 28 avril dernier.
Entre-temps, maître Hubert Ngulandjoko est visé par une motion de défiance initiée par le député provincial Brunon Ndala.
Kasaï : criminalité financière à outrance, Hubert Ngulandjoko lance l’alerte

Celui qui était encore il y a quelques heures, ministre provincial des Finances du gouvernement Pieme, révèle une gestion basée sur le « royaume » qui caractérise depuis longtemps, les finances provinciales du Kasaï.
Hubert Ngulandjoko parle d’une chaîne bien organisée de prédation de l’argent des contribuables Kasaïens, partant de l’Exécutif à l’organe délibérant avec comme agent relais d’exécution, le dirigeant de la Direction générale des recettes du Kasaï.
Monsieur Ngulandjoko qui se veut désormais lanceur d’alerte pour sauver la province du Kasaï, dénonce dans sa lettre de démission déposée ce 29 avril 2022, l’utilisation abusive des fonds publics (recettes provinciales) au profit de certaines personnes au détriment des intérêts des contribuables, l’impunité en faveur de détourneurs des deniers publics, le manque d’une gestion orthodoxe de la chose publique et la criminalité financière.
« Quel avenir pour notre province si les finances sont à la merci d’une catégorie de personnes », s’interroge-t-il.
Deux voies s’offrent pour sauver la province : l’action parlementaire et la voie judiciaire, propose l’ancien ministre provincial des Finances.
Quid de l’action parlementaire ?
Dans sa dénonciation, Hubert Ngulandjoko accuse certains députés provinciaux d’être guidés par les humeurs et état d’âme dûs à leurs intérêts égoïstes.
Quelle issue pour une action parlementaire dont les députés provinciaux, ceux-là même censés l’amorcer, se contentent de la quotité de 30 % des recettes qu’ils perçoivent du gouvernement provincial et d’un traitement de faveur invisible dont ils jouissent de leurs pions placés à la tête de la régie financière provinciale ? S’inquiète un acteur de la société civile locale.
Quant à la voie judiciaire, certaines instances judiciaires et même l’Inspection générale des finances (IGF) seraient déjà sollicitées pour enquêter sur la criminalité financière au Kasaï, révèlent nos sources proches du dossier brandissant les accusés de réception de dépôt des requêtes.
Actu 30 / Provinces26rdc.net
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