L’orchestre Symphonique Kimbanguiste (OSK) a célébré ses 30 ans d’existence sous le signe de l’union des musiques, au cours d’un concert organisé samedi au Centre sportif de la Police nationale congolaise dans la commune de Lingwala, nord de Kinshasa en République démocratique du Congo.
« Pour nos 30 ans, nous avons voulu partager ce concert avec les autres sous le signe de l’union des musiques, c’est pourquoi nous avons invité d’autres artistes qui eux aussi ont des œuvres symphoniques », a fait savoir le maestro, Armand Diangienda, Dirigeant et fondateur de l’OSK.
« J’ai invité Céline Banza et Jean Goubald. Et maintenant, c’est le pasteur Moïse Mbiye que j’ai rencontré il y a deux semaines à bord de l’avion et m’a promis de venir fêter avec nous », a dit le maestro Diangenda.
A part la revisitation de ses progrès créations marquant son parcours, la chorale Luc Gillon a été créée également associée à cette fête de la musique congolaise. Pour Maître Armand, il ne s’agit pas de la religion mais de la musique qui n’a pas de frontière.
Parmi les groupes qui ont défilé sur scène, l’on note le passage des Achets de l’OSK (cadets) et les enfants de (CMDJK) qui ont goûté, quant à eux, à leur première scène.

Prestation de l’orchestre Symphonique Kimbanguiste
La soirée a débuté avec la chorale de l’ONG Bana ya Congo, interprétant deux titres en anglais et en swahili, exaltant l’amour, l’unité, la solidarité et l’espoir.
Cette introduction a ouvert la voie à une célébration riche en émotions, honorant les trois décennies de contributions culturelles et artistiques de cet ensemble orchestral fondé par Armand Diangienda Wabasolele.
Véritable héritiers de l’Osk, ces enfants dont l’âge varient entre 5 à 15 ans ont interprété « Give us Hope » et « Kusimama ». suivis des artistes Moïse Mbiye et Céline Banza qui ont interprété respectivement « fidèle » et « Songo », Jean Goubald a posé son titre « Buania » sur les mélodies et les voix de l’OSK.
À en croire, Joëlle Bile, la maîtresse des cérémonies, un programme d’une tournée mondiale est en cours d’élaboration, il verra l’OSK traverser des frontières pour aller prester sur d’autres scènes prestigieuses.
Cette soirée dont la performance a rappelé les origines spirituelles et culturelles de l’orchestre, issues du mouvement initié par Simon Kimbangu en 1921, a été dédiée à la mémoire de Joseph Diangienda Kuntima, bâtisseur des œuvres kimbanguistes.
Le programme, minutieusement préparé, a offert un éventail d’œuvres classiques et contemporaines. Les « Archets de l’OSK » ont enchanté le public avec la Valse No. 2 de Dmitri Chostakovitch et la Marche Radetzky de Johann Strauss Sr. Des compositions de maîtres tels que Rossini, Vivaldi et Gounod, ont également trouvé leur place aux côtés de créations originales du Maestro Diangienda.
Avec ses 200 membres, répartis entre musiciens et chœur, l’OSK continue de réinventer la musique classique, tout en ancrant son identité dans les valeurs de solidarité et de partage. Sous la direction d’Armand Diangienda, l’ensemble ne cesse de rayonner à l’échelle nationale et internationale, devenant un symbole de résilience et d’excellence artistique en République démocratique du Congo.
Le 30ᵉ anniversaire de l’OSK marque une étape décisive dans son parcours, rappelant que la musique, au-delà des frontières, est un puissant vecteur de paix et d’harmonie.
RDC-Kimbanguiste : origines, bilan et perspectives (Interview avec Armand Diangienda)
En marge du concert de l’orchestre symphonique Kimbanguiste, qui a eu lieu le samedi 30 novembre 2024 à Kinshasa, à l’occasion de la célébration de la 30ème année d’existence de ce mouvement musical, son fondateur, Armand Diangienda, a accordé une interview exclusive à Média Congo Press (MCP). Au cours de cette entrevue, il a jugé largement positif le bilan de l’orchestre symphonique kimbanguiste. Il s’est réjoui des changements intervenus car contrairement à la tendance d’autrefois où les expatriés étaient les plus intéressés par ses concerts, 75℅ du public de ces dernières années est constitué des Congolais.
MCP: L’orchestre symphonique kimbanguiste existe depuis 30 ans et semble être le seul dans ce secteur au Congo-Kinshasa. D’où vous est venue l’initiative et qu’est-ce qui vous a motivé à vous orienter vers la musique classique ?
Armand Diangienda : C’est mon père qui m’avait recommandé de faire la musique classique en 1985. Ce n’est que plus tard vers les années 1992 qu’on s’était posé la question de savoir si on devait également recruter parmi les fidèles de différentes églises et quel genre de formation allons-nous avoir. Après moult réflexions et avec le concours de deux amis, Alphonse Ngoma et Albert Matubanza, nous avons décidé de créer un orchestre symphonique. A l’époque, nous disposions déjà d’un nombre important de musiciens, notamment des violonistes… Nous avons pensé qu’avec l’orchestre symphonique, il sera plus facile de rassembler les ressources humaines nécessaires.
Quel bilan faites-vous des 30 ans d’existence de l’orchestre symphonique kimbanguiste ?
Le bilan est, à mon avis, positif parce que nous avons atteint nos objectifs. Au début de l’aventure, lorsqu’on donnait nos concerts, l’assistance était constituée essentiellement d’expatriés habitués à la symphonie. Mais aujourd’hui, quand on donne nos concerts, ce c’est 75℅ de Congolais contre 25% d’expatriés qui y prennent part. Donc, nous avons pu faire voir aux Congolais que c’était également une belle musique. Parfois, nous nous intéressons seulement à la musique classique occidentale, alors qu’on pouvait aussi faire nos propres œuvres à travers l’orchestre symphonique kimbanguiste.
Outre la République démocratique du Congo, l’Orchestre s’est produite deux fois aux États-Unis, précisément à Los Angeles et à New-York. Nous avons même joué devant le président américain sortant, Joe Biden. Nous avons également donné des concerts à deux reprises à Monaco et à Paris (une fois) en France, avec 60 musiciens. On a fait Londres avec 100 personnes, il y a deux ans. Donc, pour moi, sortir du Congo pour aller jouer à l’étranger, c’est un résultat positif. Cela a permis à notre musique d’être appréciée à l’extérieur.
Concert ce samedi 30 novembre 2024, pour quel objectif ?
D’abord, nous avons voulu célébrer nos 30 ans d’existence. En même temps, j’ai voulu, à travers ce concert, partager les enseignements reçus de mon père de rassembler les gens. Ainsi, à travers ce concert, l’assistance a vu qu’il n’y avait pas seulement des musiciens de l’orchestre symphonique kimbanguiste. Nous avons partagé la scène avec des amis qui ont compris ce beau message de dignité, d’amour et de fraternité. C’est ainsi que vous avez vu beaucoup d’artistes musiciens tel que Céline Banza répéter avec nous. Il y avait également d’autres chanteurs. C’est le moment de partage, d’union et de fraternité.
Quelles sont les perspectives pour l’orchestre symphonique kimbanguiste ?
J’aimerais assurer l’avenir à travers notre école de musique, mais également atteindre l’excellence et travailler dans la discipline.
Après 30 ans d’existence de l’orchestre symphonique kimbanguiste, pensez-vous avoir réalisé le rêve de votre père ?
Ma misson est allée au-delà des frontières. Il y a onze ans, j’ai reçu un prix à Boston, Capitale de l’État du Massachusetts, aux États-Unis d’Amérique devant une foule de 10.000 personnes. Je suis membre de plusieurs associations grâce au message universel que j’apporte.
ACP/Provinces26rdc.com
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