Le président du CCU et ancien ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, a livré de sévères déclarations à l’encontre de l’ancien président Joseph Kabila lors d’une émission diffusée sur Univers Télévision et animée par le journaliste Josué Mfutila.
Interrogé sur les accusations de collusion entre Joseph Kabila et l’AFC/M23, Lambert Mende a indiqué avoir longtemps refusé d’y croire, avant d’affirmer que les faits récents l’ont conduit à changer radicalement d’opinion.
L’ancien porte-parole du gouvernement a rappelé qu’au cours des douze années passées aux côtés de Joseph Kabila, le discours officiel reposait sur la dénonciation permanente de la menace que représentait, selon lui, le Rwanda dirigé par Paul Kagame contre la République démocratique du Congo.
« Pendant toutes ces années, c’est le message que j’entendais et qu’il m’était demandé de relayer à travers le monde », a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’il éprouve aujourd’hui un profond sentiment de déception face aux accusations visant l’ancien chef de l’État.
Lambert Mende affirme s’être senti « floué » et estime que lui-même, ainsi que plusieurs anciens collaborateurs de Joseph Kabila, ont été « manipulés ». Il cite notamment l’ancien ministre Julien Paluku Kahongya, qu’il présente comme partageant le même constat.
Au cours de l’entretien, Mende reconnaît également avoir, dans un premier temps, mis en doute les déclarations du président Félix Tshisekedi accusant son prédécesseur d’être lié à l’AFC/M23. Il révèle avoir même conseillé au chef de l’État de faire preuve de retenue afin de préserver l’image de la première alternance pacifique du pays.
Cependant, il affirme que les événements survenus par la suite ont modifié sa lecture de la situation. Évoquant le déplacement de Joseph Kabila à Kigali puis à Goma, sous contrôle du M23, Lambert Mende estime que ces faits ont conforté les accusations précédemment formulées par Félix Tshisekedi.
« Je suis obligé de me rendre compte que, finalement, un chef de l’État a ce que j’appelle un cou de girafe. La girafe voit très loin. C’est le président qui avait raison », a-t-il déclaré, estimant que cette évolution dépassait tout ce qu’il pouvait imaginer.
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les accusations de liens entre Joseph Kabila et l’AFC/M23 continuent d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo. Jusqu’à présent, Joseph Kabila a rejeté les accusations portées contre lui et nie toute implication dans la rébellion.
Opinion Info / Provinces26rdc.com
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