Le dialogue national initié par le Président de la République démocratique du Congo (RDC) ne sera pas organisé sous le format des dialogues passés, a affirmé samedi 19 septembre 2026 à l’ACP, un député national membre de l’Union sacrée de la nation, lors d’un entretien à Kinshasa.
« Je crois que le Chef de l’État a répondu à une demande émanant non seulement des partis de l’opposition, mais aussi des confessions religieuses. (…) L’opposition et les confessions religieuses ne peuvent pas imposer une manière d’organiser le dialogue au Chef de l’État, qui est lui-même responsable de la nation. Toutes les propositions peuvent venir. Il les analyse, il les apprécie, puis finalement, il tranche sur l’organisation du dialogue, à la fois sur les sujets qui seront abordés, les participants, le format, le lieu de la conférence et, par la suite, l’animateur ou le facilitateur de ce forum. (…) Et sa réponse, c’est justement qu’on accepte le principe du dialogue, mais que ce dialogue ne sera pas organisé selon le format ou la conception de tous les autres dialogues qui ont eu lieu auparavant », a déclaré Shé Okitundu, député national.
D’après lui, le Chef de l’État, a, dans son appréciation, tenu compte de ce qui n’a pas marché lors des dialogues passés entre autres, ceux de Sun City et de la Saint sylvestre, afin de trouver des solutions adéquates aux problèmes immédiats auxquels est confrontée la RDC.
« C’est pour cela qu’il a dégagé trois thèmes importants. D’abord, il accepte le principe du dialogue. Ensuite, ce dialogue portera sur la restauration de la paix dans notre pays. Et pour restaurer la paix, il faut qu’il y ait une cohésion nationale, que tout le monde se rassemble pour essayer d’organiser la maison commune qu’est la République démocratique du Congo. Enfin, il faut voir ce qui n’a pas marché et qui peut effectivement susciter certaines controverses dans le fonctionnement de l’État », a soutenu l’élu de Lumumbavilledans la province de Sankuru.
Le dialogue national s’occupe de l’aspect interne du conflit
S’agissant du processus de Doha déjà entamé par la RDC, She Okitundu a expliqué que le dialogue national ne peut peut-être pas tout régler, mais s’occupe de l’aspect interne du conflit.
« Donc, le conflit, si vous voulez, la crise actuelle a deux aspects : il y a l’aspect interne, qui est d’ailleurs prioritaire, qui est primordial. (…) Et concernant l’aspect interne, cette fois-ci, on ne peut plus l’ignorer, puisqu’il y a une revendication de l’opposition et des confessions religieuses. Certaines couches de la population sont également négligées. Nous espérons que cet aspect interne ne peut être réglé que par les Congolais eux-mêmes, et par des Congolais qui sont irréprochables. Ça, c’est important de le souligner parce que, si vous avez du sang sur les mains, si vous avez commis des crimes imprescriptibles, si vous restez complices de l’agression, je pense que votre place n’est pas dans ce dialogue », a-t-il insisté.
Du point de vu externe, l’élu de Lumumbaville a évoqué l’implication de la communauté internationale dans ce processus parce que la RDC fait l’objet d’une agression extérieure.
« Mais la communauté internationale est intéressée par ce dialogue et impliquée dans ce processus, parce que la République démocratique du Congo fait l’objet d’une agression. Je l’ai rappelé tout à l’heure : c’est l’un des crimes les plus graves qui puissent exister dans l’humanité. Par conséquent, l’aspect lié à l’agression est actuellement pris en charge par le Conseil de sécurité des Nations Unies et, ensuite, par l’accord de Washington, qui est le produit de la résolution du Conseil de sécurité, puisque cette résolution est inscrite en lettres d’or dans le préambule de l’accord de Washington », a dit l’ancien ministre des Affaires étrangères.
Ske Okitundu a salué l’accompagnement des partenaires internationaux dans la recherche d’une paix durable en RDC.
« Nous avons des partenaires. Il faut aussi des partenaires qui nous accompagnent, non seulement dans la recherche d’une solution pacifique et diplomatique au conflit qui nous est imposé, mais en même temps des partenaires qui sont bien établis chez nous et qui ne peuvent pas rester à l’écart dans l’organisation et même dans la tenue de ce forum. C’est pour cela que le Président a estimé et nous aussi, d’ailleurs, nous y avions pensé qu’il fallait prendre en compte le fait que, puisque la question congolaise, la crise congolaise, est inscrite à l’agenda du Conseil de sécurité des Nations Unies, nous ne pouvons pas laisser les Nations Unies à l’écart », a-t-il conclu.
ACP / Provinces26rdc.com
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