Le dossier de Vital Kamerhe a quitté le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete vers le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe pour être fixé.
Saisi, le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe annonce que la première audience aura donc lieu le 11 mai 2020.
« Vital Kamerhe reste et demeure sous présomption d’innocence devant le Cour devant qui il devra présenter ses défenses, ses moyens de forme et de fonds. Il peut même solliciter encore de nouveau sa mise en liberté provisoire », a dit à Top Congo FM, l’Avocat au barreau de Kinshasa/Gombe, Me Willy Wenga.
Inquiétude à l’UNC
« Nous émettons une petite inquiétude sur le fond de ce dossier. Il est toujours incomplet », estime le député UNC Bertin Mubonzi.
« Qu’est-ce qui a fondé la conviction du magistrat instructeur de retenir l’infraction de détournement des deniers publics à charge du directeur de cabinet du Chef de l’Etat? », s’interroge-t-il.
« Non seulement on n’a pas prouvé que des le fonds du Trésor ont été détournés par Vital, mais il n’est pas gestionnaire du fonds du Trésor. Et Il n’y a pas eu de confrontation avec les prestataires ».
Le député UNC dit toutefois quand même resté, « serein. Nous pensons que la justice fera bien son travail ».
Enquête sur le programme des 100 jours : Il y aura bien un procès contre Vital Kamerhe
Le procureur général près de la cour d’appel de Kinshasa-Matete a clos son instruction sur le volet des maisons préfabriquées et a transmis le dossier au tribunal de grande instance de la Gombe.
Une date pour la première audience pourrait être fixée dans les tous prochains jours, selon une source judiciaire. Dans le cadre de l’enquête sur le programme des 100 jours, le procureur a estimé qu’il existait des indices sérieux de culpabilité contre Vital Kamerhe, le directeur de cabinet du président Tshisekedi, et Jammal Samih, patron des sociétés Samibo et Husmal, chargé de livrer 4500 maisons préfabriquées, suspectés d’avoir surfacturé et détourné une partie des fonds.
Les avocats de Vital Kamerhe avaient pourtant transmis le 13 avril au procureur 26 documents relatifs à cette affaire, ainsi qu’une note d’explication signée par Vital Kamerhe lui-même. Des documents que RFI a pu en partie consulter.
Premier argument de Vital Kamerhe : ce n’est pas lui qui a passé le premier contrat d’achat de maisons préfabriquées signé avec Samibo. C’est l’ancien ministre du Développement rural et depuis 2018 et il l’affirme contrat à l’appui. En l’inscrivant dans le programme des 100 jours, il n’a « qu’agi suivant le principe de continuité de l’État ».
Le gouvernement a effectué huit paiements entre mars et mai 2019 soit 57 millions de dollars, le montant total du contrat, détaille le directeur de cabinet. Samibo a déjà livré, assure-t-il, 80% de la commande… Mais pour les provinces du Kasaï central et du Sud-Kivu, le gouvernement n’aurait pas payé l’acheminement. Résultat : 600 maisons seraient bloquées aux ports de Lobito et de Dar es-Salaam.
Pour ce qui est des 3000 maisons commandées à la société Husmal, qui a le même propriétaire, Vital Kamerhe reconnait avoir été à la manœuvre : c’est lui-même qui a demandé l’autorisation de passer ce marché de gré à gré. Le directeur de cabinet ne parle plus cette fois de continuité de l’État, d’un « gouvernement démissionnaire » et d’une « délégation de pouvoir ». Pas de contrat présenté mais un peu plus de deux millions dollars ont été décaissés en août 2019 et 37 containeurs auraient été livrés, selon lui à Matadi.
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