Les récentes déclarations du président de la République Félix-Antoine Tshisekedi sur une éventuelle réforme de la Constitution continuent d’alimenter le débat politique en République démocratique du Congo. Si la majorité présidentielle défend le principe de la souveraineté populaire, l’opposition et plusieurs acteurs de la société civile dénoncent une démarche qu’ils jugent préoccupante pour l’avenir institutionnel du pays.
Devant les députés nationaux et les sénateurs de sa majorité, réunis samedi 24 octobre, le chef de l’État a relancé le débat sur l’avenir de la Constitution congolaise. Félix-Antoine Tshisekedi a déclaré ne pas apprécier la Constitution actuelle, tout en affirmant qu’une éventuelle réforme ne devait pas être interprétée comme une volonté de se maintenir au pouvoir.
Le président de la République a rappelé que toute modification de la Loi fondamentale relève avant tout de la souveraineté du peuple congolais, seul, habilité à se prononcer sur son avenir par les mécanismes prévus par la loi.
Au sein de la majorité présidentielle, cette position est soutenue par plusieurs élus. Le député national Joseph Nkoy estime que le peuple demeure l’unique détenteur du pouvoir constituant et que sa volonté doit être respectée si une réforme constitutionnelle est souhaitée par la majorité des Congolais.
L’opposition, en revanche, affiche une lecture différente des propos du chef de l’État. Claudel André Lubaya accuse Félix-Antoine Tshisekedi de s’éloigner de son engagement constitutionnel. Selon lui, le président de la République a le devoir de respecter et de défendre la Constitution en vigueur. L’opposant plaide par ailleurs pour l’organisation d’un dialogue national inclusif afin de traiter les questions institutionnelles qui préoccupent le pays.
Des réserves sont également exprimées au sein de la société civile. Pour Jean-Claude Katende, le débat ne devrait pas porter sur les préférences personnelles du président à l’égard de la Constitution, mais sur le respect des dispositions qui la composent. Opposé à toute révision constitutionnelle, il considère qu’une telle initiative risque d’accentuer les tensions politiques et les divisions au sein du pays.
Alors que les discussions se poursuivent dans les milieux politiques et citoyens, les déclarations du chef de l’État contribuent à relancer un débat sensible sur l’avenir de la Constitution de 2006, à quelques années des prochaines échéances électorales. Les partisans d’une réforme invoquent l’évolution du contexte national, tandis que ses opposants mettent en garde contre toute initiative susceptible de fragiliser les équilibres institutionnels actuels.
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