On en sait un peu plus sur les dessous des cartes de la rencontre du samedi 5 juin 2021 entre le Président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo et les Sénateurs membres de l’Union sacrée de la Nation. Au-delà des informations officielles fabriquées par la presse présidentielle, cette rencontre qui s’est tenue à la Cité de l’Union Africaine aurait permis aux stratèges du Chef de l’État de préparer un assaut contre un de ses potentiels adversaires en 2023, en l’occurrence l’ancien Premier ministre Matata Ponyo.
C’est en sa qualité de chef de l’Union sacrée de la Nation que Félix Tshisekedi a convoqué les 85 sénateurs membres de son camp politique. Il a eu l’habileté de les féliciter de vive voix pour avoir décidé de s’engager au sein de l’Union sacrée de la Nation.
Tout en leur rassurant qu’ils ne le regretteront pas, le Président de la République a expliqué que « la population a besoin d’une nouvelle dynamique pour répondre à ses attentes ». Les échanges ont ensuite tourné sur plusieurs sujets entre autres, l’état de siège, la recrudescence de la pandémie de Covid-19 en RDC ou encore la loi modifiant le fonctionnement de la CENI mais pas que.
Les Sénateurs sous pression
A la veille de leur rencontre avec le Chef de l’État, les Sénateurs ont examiné, vendredi 04 juin 2021, au cours d’une plénière tenue à huis clos, le réquisitoire du Procureur Général près la Cour Constitutionnelle sur la demande d’autorisation des poursuites contre leurs collègues Augustin Matata Ponyo et Ida Kamonji dans le cadre de la gestion du projet du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo. A l’issue de la plénière, le Sénat a levé l’option de mettre en place une commission spéciale pour auditionner l’ancien Premier ministre avant de remettre le rapport à la plénière qui va décider de la levée ou non de son immunité parlementaire.
A la Cité de l’Union Africaine on prend très au sérieux cette affaire. Alors que la première demande de levée d’immunités de Matata Ponyo et Ida Kamonji n’a pas aboutie, les hautes sphères du pouvoir ne voudraient pas voir leur échapper un seul détail du dossier.
Pour ce faire, plusieurs stratégies seraient mises en place. L’une consisterait à mettre sous pression les Sénateurs en vue de les pousser à agir dans le sens des attentes de ceux qui voient en Matata Ponyo un adversaire politique pour la bataille électorale de 2023 et dont il faut se débarrasser le plus tôt possible.
Dans la même logique, des associations identifiées comme proches du pouvoir préparent des manifestations avec des messages clairement menaçants à l’endroit des Sénateurs. L’objectif visé ici reste le même : lever à tout prix l’immunité du Sénateur Matata Ponyo quels que soient les arguments qu’il aura présentés à la commission qui va l’auditionner.
Ces éléments et tant d’autres pris en compte, certains observateurs crient à haute voix à une sorte d’ingérence du Président de la République dans une affaire cent pour cent judiciaire et parlementaire.
C’est le cas de India Omari, qui estime que « le président ne peut pas inviter uniquement les sénateurs pour broder sur la question de la levée des immunités de Matata ».
Pour cet acteur politique, par respect à la séparation des pouvoirs, Félix Tshisekedi ne doit pas donner des injonctions aux Sénateurs.
Affaire Bukanga Lonzo: le Sénat met en place une commission pour auditionner Matata Ponyo et Ida Kamonji

Au cours d’une plénière à huis clos, tenue ce vendredi 4 juin 2021, le Sénat a décidé de mettre en place une commission spéciale pour entendre les sénateurs Matata Ponyo et Ida Kamonji, qui font l’objet d’une demande de levée de leurs immunités par le procureur général près la Cour Constitutionnelle.
Les membres de cette commission spéciale seront désignés par le bureau du Sénat. À l’issue de leur travail, ils présenteront le rapport à la plénière.
Ce n’est qu’après cette étape que la plénière passera au vote sur la demande de levée des immunités des deux sénateurs.
Le procureur près la Cour constitutionnelle avait saisi le sénat pour solliciter la levée des immunités de Matata Ponyo, soupçonné de détournement des fonds alloués au projet du parc agro-industriel Bukanga Lonzo. Cette accusation fait suite à une enquête de l’inspection générale des finances (IGF) sur la débâcle du projet Bukanga Lonzo, à l’époque où Matata Ponyo était encore Premier Ministre, et qui a englouti plusieurs millions de dollars. Matata Ponyo a toujours clamé que le rapport de l’IGF relève d’un acharnement pour chercher à nuire à sa carrière politique.
Affaire Bukanga Lonzo : le Sénat se prononce ce vendredi sur la levée des immunités de Matata Ponyo
Une séance plénière est convoquée ce vendredi 04 juin au Sénat. Plusieurs points sont inscrits à l’ordre du jour. Parmi ces points, l’examen réquisitoire du procureur général près la Cour Constitutionnelle, relatif à la levée des immunités du sénateur Augustin Matata Ponyo.
Lors de la plénière du 14 mai d ernier, les sénateurs ne s’étaient pas prononcés sur la levée ou non des immunités de Matata. D’après le président du Sénat, Bahati Lukwebo, le réquisitoire du procureur divisait les sénateurs.
Pour rappel, le procureur près la Cour constitutionnelle avait saisi le Sénat pour solliciter la levée des immunités de Matata Ponyo, soupçonné de détournement des fonds alloués au projet du parc agro-industriel Bukanga Lonzo. Cette accusation fait suite à une enquête de l’inspection générale des finances (IGF) sur la débâcle du projet Bukanga Lonzo, à l’époque où Matata Ponyo était encore Premier ministre, et qui a englouti plusieurs millions de dollars américains. Matata Ponyo a toujours indiqué que le rapport de l’IGF est un acharnement pour chercher à nuire à sa carrière politique.
Alternance.cd /provinces26rdc.net
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