Pas d’euphorie, ni de marche en arrière. Les opposants veulent à tout prix descendre dans la rue le 22 juillet pour défendre la Constitution et exiger le départ de Félix Tshisekedi, qui a donné son feu vert à l’organisation d’un dialogue national inclusif le week-end dernier.
Loin de taire la contestation, Tshisekedi la repositionne, indique un leader de l’opposition. Pour les anti-régime, l’heure n’est pas à la célébration, mais à l’exigence. Le scepticisme domine. La C64 redoute un piège de communication plutôt qu’un véritable tournant démocratique. Elle accuse le chef de l’État d’avoir cédé sous la pression et non par conviction. La rue, disent-ils, reste l’outil principal pour arracher des garanties concrètes avant toute discussion.
Théophile Mbemba, cadre du mouvement « Sauvons la RDC », résume cette méfiance. Le proche de Kabila soutient que cette décision présidentielle arrive tardivement et d’ailleurs sous contrainte.
Le président de la République, qui a toujours refusé le dialogue inclusif, vient d’annoncer son acceptation de l’organiser. Cette décision intervient sous la pression combinée des manifestations du peuple congolais et de la position responsable de l’Église à travers la CENCO-ECC.
Mbemba pose d’emblée des préalables. Pas de dialogue sans actes forts. Sa liste sur les décisions de decrispation est longue mais précise. « Il revient au président de la République de prendre immédiatement une ordonnance afin notamment de : (1) Libérer tous les prisonniers politiques ; (2) Lever l’interdiction des manifestations et respecter les libertés publiques ; (3) Autoriser le retour des exilés politiques et arrêter des poursuites judiciaires à caractère politique ; (4) Restituer les passeports confisqués aux opposants et enfin (5) Prendre un engagement de respecter la Constitution en vigueur et la limitation des mandats ».
L’opposition attend des actes après l’annonce du dialogue
Le mot d’ordre est clair : prudence. Les opposants refusent de donner un chèque en blanc à un pouvoir décadent. Ils parlent d’un président imprévisible, capable de revenir sur ses engagements.
Le cadre Ensemble, Mike Mukebayi appelle à maintenir la mobilisation. Il répète que l’annonce du dialogue ne doit pas anesthésier la contestation. « Pas d’euphorie, pas d’enthousiasme excessif face à la concession au dialogue inclusif de Félix Tshisekedi. L’homme est connu pour sa promptitude à renier ses propres propos, même devant Dieu avec son fameux “Tuna Nzambe”. Maintenons la pression avant et après le 22 juillet », a-t-il écrit sur X.
En exil, Hervé Diakese enfonce le clou. Le porte-parole du parti de Katumbi lie la rue à la défense de la loi fondamentale.« Le 22 juillet, le peuple congolais dira encore non au changement de la Constitution. Celui qui lutte peut perdre, celui qui ne lutte pas a déjà perdu. Le peuple gagne toujours ».
A travers ces voix, le dialogue ne vaut que s’il protège les acquis démocratiques. Toute discussion qui remettrait en cause la Constitution actuelle serait, selon l’opposition, une ligne rouge.
Prince Epenge va encore plus loin. Il considère la rencontre entre Tshisekedi, la CENCO et l’ECC comme un simple fait, pas une avancée. « La rencontre entre Félix Tshisdekedi, CENCO et ECC est une évolution, ce n’est pas un progrès, tout leader qui va oser remettre en cause l’objectif de protection de la Constitution par la voie des actions populaires sera désavoué, Quoi qu’il arrive la lutte avance sur le terrain ».
L’opposition tente de garder la main sur ses initiatives en refusant toute compromission. Si elle accepte le dialogue dans son principe, elle entend toutefois l’encadrer par ses propres conditions, tandis que la rue demeure mobilisée comme un véritable moyen de pression.
L’Église catholique et l’Église du Christ au Congo sont placées au cœur du dispositif proposé par l’opposition. Elles doivent piloter le processus hors des frontières pour garantir la neutralité. « Ainsi donc viendra la decrispation pour un dialogue inclusif consensuel, à tenir dans un pays frère, piloté par la CENCO-ECC, avec un ordre du jour consensuel. A notre peuple, à l’opposition politique et à la CENCO-ECC, la prudence et la vigilance s’impose, et surtout ne pas céder à la distraction », disent-ils.
La date du 22 juillet revient donc comme un symbole. C’est à ce moment que l’opposition veut réaffirmer son veto à toute tentative de révision constitutionnelle.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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