Ce vendredi 16 octobre 2026, une centrale solaire photovoltaïque, couplée à un système de stockage par batteries (BESS) a été inaugurée par le ministre des ressources hydrauliques et électricité , Aimé Molendo Sakombi à Kolwezi, dans la province du Lualaba.
Dotée d’une capacité solaire de 433 MW-crête et d’un système de stockage de 1 107 MWh, cette infrastructure est conçue pour fournir une puissance de 60 MW en continu, 24 heures sur 24, aux opérations minières de Kamoa-Kakula. Lancés en juin 2025, les travaux ont été achevés en quinze mois.

Présente à cette cérémonie d’inauguration, la directrice générale de l’autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), Soraya Aziz Moto, a mis en avant le rôle de la régulation dans la concrétisation de ce type d’investissement. Elle a notamment insisté sur la sécurité juridique, l’homologation technique et l’équilibre tarifaire, présentés comme des éléments essentiels pour renforcer la confiance des investisseurs privés.
Selon elle, la stabilité et la prévisibilité du cadre réglementaire sont indispensables pour attirer des capitaux capables de soutenir durablement le développement du secteur électrique en RDC.
Réduire le déficit énergétique dans le Sud-Est

Prenant la parole à cette occasion, le ministre Aimé Molendo Sakombi a souligné l’importance de la disponibilité de l’électricité pour soutenir la transformation locale des ressources minières et accélérer l’industrialisation du pays.
« Il n’y a pas d’industrie forte sans énergie fiable. Il n’y a pas de transformation locale de nos ressources sans capacité énergétique à la hauteur de nos ambitions », a-t-il déclaré.
Pour le ministre, la mise en service de cette installation représente un investissement stratégique qui associe le développement des énergies renouvelables aux besoins de l’industrie minière. Elle illustre également, selon lui, les possibilités de mobilisation des capitaux privés pour renforcer les capacités énergétiques nationales.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par un déficit important d’électricité dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga. D’après les chiffres avancés par Aimé Molendo Sakombi, les besoins non couverts dans ces deux provinces dépassent actuellement 2 000 MW.
Cette insuffisance énergétique constitue un obstacle au développement des activités industrielles, limite les possibilités de transformation locale des minerais et réduit les perspectives de création de valeur ajoutée en RDC.
Le gouvernement mise sur la diversification des sources d’énergie
Pour répondre à ces besoins, le gouvernement entend privilégier une combinaison de différentes sources de production et renforcer les infrastructures de transport de l’électricité.
« Notre avenir énergétique ne reposera pas sur un seul levier. Il reposera sur un mix : l’hydroélectricité, le solaire, le stockage et les interconnexions, tel que repris dans notre Compact Énergétique », a expliqué le ministre.
Il a notamment évoqué les projets d’Inga, de Pioka-Tombe et de Ruzizi, ainsi que le développement des lignes à haute tension. Le projet solaire hybride de Kamoa-Kakula s’inscrit dans cette stratégie de diversification, sans se substituer aux grands projets hydroélectriques envisagés par le pays.
Par ailleurs, le gouvernement prévoit une augmentation de la puissance disponible en continu pour les installations minières concernées. Selon Aimé Molendo Sakombi, les contrats d’achat d’électricité déjà signés prévoient de porter cette capacité de 60 à 120 MW dans un délai de dix-huit mois.
« Ce n’est pas une annonce : c’est un engagement contractuel et l’État sera attentif à son exécution », a-t-il insisté .
Dans la même perspective, le ministre a encouragé les autres entreprises minières et industrielles opérant en RDC à investir dans leurs propres capacités de production énergétique afin de contribuer à la réduction du déficit national.
« Chaque mégawatt propre, fiable et financé par le privé qui soulagera notre déficit trouvera dans l’État un partenaire exigeant et fiable », a-t-il assuré.
Au-delà de la production électrique, le gouvernement souhaite que ce projet contribue au développement des compétences nationales et à la création d’opportunités économiques dans la province du Lualaba.
Il sied de noter que Aimé Molendo Sakombi a ainsi appelé les entreprises impliquées à garantir la maintenance durable des installations, tout en favorisant l’emploi local, le transfert de compétences et la participation des acteurs congolais aux activités liées au projet.
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