RDC-Lubumbashi : l’avenue Iguane au quartier Tshamalale spoliée

Au quartier Tshamalale dans la commune Annexe de Lubumbashi, les habitants dénoncent la spoliation de l’avenue Iguane. Celle-ci relie l’avenue Mulumbwe à l’avenue Mahenya. Mais depuis quelques jours, des constructions anarchiques sont érigées sur cette avenue contre toute attente. 

En effet, l’avenue Iguane est désormais transformée en parcelles. Trois maisons sont en pleine construction sur le tronçon compris entre l’avenue Musafiri et Mahenya. Elles obstruent ainsi le passage, témoigne Jolie Kasongo, habitant du quartier Tshmalale.

”De tout ce temps, cet endroit était une avenue. Mais la semaine passée, j’étais surprise de voir deux fondations qui y sont érigées. Pour l’instant, la route est entièrement barricadée. Elle ajoute que ”ce qui a motivé les deux autres à construire à cet endroit, c’est le fait que personne n’a inquiété le premier occupant de cette avenue. Il a construit de façon anarchique. De ce fait, il a bloqué une partie de l’avenue et jusqu’à maintenant, il vit tranquillement dans sa maison”.

Pour l’instant, aucun habitant du quartier interrogé n’a fourni des informations sur les nouveaux propriétaires des maisons anarchiques en construction sur l’avenue Iguane. Même Joseph Kabongo qui, pourtant, occupe la parcelle au coin des avenues Musafiri et Iguane ignore les occupants. ”Je ne connais pas qui construit ici”, dit-il. ”Je suis un locataire. Il se fait que l’ancien propriétaire a vendu sa parcelle. Et depuis quelque temps, je vois seulement des maçons qui construisent. Je ne sais pas pour qui ils travaillent”. D’un air surpris, Joseph Kabongo déclare : « Je ne savais pas qu’ils construisaient sur la voie publique ». Et c’est justement là que la fondation d’une clôture vient d’être terminée et bloque l’avenue. Les briques cuites pour élever les murs sont même déjà entreposées dans cette parcelle.

Spoliation de l’avenue Iguane, les autorités ne sont pas au courant

En réaction, Pierre Mutombo, chef de bloc et voisin de l’avenue Iguane rejette la responsabilité sur le chef du quartier. ”Le chef de quartier était sur place la matinée du 30 août 2022. Il est au courant de tout, pourtant il n’a pris aucune initiative quant à l’arrêt des travaux”. Pour lui, c’est une histoire floue. ”Le chef du quartier sait qui a vendu cette partie de l’avenue”, conclut-il.

Quant au chef du quartier Tshamalale contacté par la Guardia magazine, il promet d’envoyer une équipe sur place pour la vérification des faits.

De son côté, le bourgmestre de la commune Annexe, Remy Musense, indique qu’il n’est pas au courant de la spoliation de l’avenue Iguane au quartier Tshamalale. A son tour, il s’est engagé à y dépêcher un agent du service de l’habitat de la commune. Celui-ci devra mener des enquêtes sur les allégations des habitants et faire rapport au bourgmestre.

Il faut noter que la spoliation de la voie publique, des espaces publics et même de la servitude est un phénomène courant dans la ville de Lubumbashi. Et pourtant, l’arrêté ministériel portant règlementation et octroi du permis de bâtir en RDC est clair à ce sujet. A son article 5, il y a une analyse du dossier avant l’octroi du permis de construire. Cette analyse doit tenir compte du respect des normes environnementales, de l’hygiène, de voirie et drainage.


Magazine La Guardia / Provinces26rdc.com

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