Ce vendredi 17 octobre 202, Jean Thierry Monsenepwo accuse le Rwanda d’être derrière les organisations non gouvernementales (ONG) impliquées dans l’affaire judiciaire visant des membres de la famille et des proches du président Félix Tshisekedi à Bruxelles. Dans une déclaration publiée le 16 octobre 2026, cet ambassadeur et président du conseil d’administration (PCA) dénonce ce qu’il considère comme une manœuvre politique visant à fragiliser le chef de l’État congolais et à porter atteinte aux intérêts de la République démocratique du Congo (RDC).
Selon lui, la plainte déposée le 8 juillet 2025 à Bruxelles contre des proches du président de la République constitue une tentative d’atteindre indirectement Félix Tshisekedi. « Quand on ne peut pas abattre le baobab, on s’attaque à ses racines », affirme-t-il, estimant que les personnes de son entourage seraient ciblées pour ternir son image.
Monsenepwo rappelle néanmoins qu’une plainte ne constitue pas une condamnation et que les personnes concernées bénéficient de la présomption d’innocence. Il rejette également les rumeurs relatives aux perquisitions effectuées le 14 octobre 2026 à Bruxelles, qu’il considère comme des tentatives de manipulation de l’opinion publique. Tout en affirmant respecter la justice belge, il met en garde contre ce qu’il qualifie d’instrumentalisation politique de la procédure judiciaire.
Bernard Maingain au centre des accusations
Dans sa déclaration, Jean Thierry Monsenepwo met particulièrement en cause l’avocat Bernard Maingain, qu’il présente comme un acteur central de cette affaire. Il rappelle que ce dernier a défendu plusieurs personnalités rwandaises, notamment Rose Kabuye, Samuel Kanyemera et Jacob Tumwine, dans le cadre des procédures liées à l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion du président rwandais Juvénal Habyarimana.
Il évoque également ses interventions dans les procédures judiciaires concernant le Rwanda, ainsi que la publication, en 2024, de son ouvrage Le Cri du Falcon. Pour Monsenepwo, ce parcours soulève des interrogations sur le rôle de l’avocat dans une affaire visant des proches du président congolais, alors que les relations entre Kinshasa et Kigali restent marquées par le conflit dans l’est de la RDC.
S’appuyant sur ces éléments, il établit un lien entre les activités professionnelles passées de Maingain et la plainte actuelle. Il va plus loin en accusant le Rwanda d’être à l’origine de cette démarche judiciaire menée par des ONG. Toutefois, il ne présente pas de preuves permettant d’établir une implication directe de Kigali dans le dépôt de cette plainte.
Un rapprochement entre plusieurs événements politiques
Jean Thierry Monsenepwo appuie également son argumentaire sur le calendrier politique et diplomatique. Il rappelle l’annonce, le 22 septembre 2026, d’un rapprochement entre la Belgique et le Rwanda, après une période de tensions diplomatiques, avant d’évoquer la création du Front de la refondation de la nation (FRN), autour de l’ancien président Joseph Kabila.
Il rapproche ces événements de la médiatisation de la plainte déposée en juillet 2025 et des perquisitions menées le 14 octobre 2026 à Bruxelles. Selon lui, cette succession d’événements participe d’une stratégie visant à mettre les autorités congolaises sous pression et à fragiliser politiquement Félix Tshisekedi.
L’ambassadeur estime ainsi que la procédure dépasse le cadre judiciaire et s’inscrit dans une confrontation géopolitique impliquant, selon son analyse, des intérêts rwandais. Cette lecture demeure toutefois une accusation de sa part, et non un fait établi par les éléments judiciaires rendus publics.
Monsenepwo dénonce un traitement inégal de la justice
Dans la suite de sa déclaration, Jean Thierry Monsenepwo oppose la procédure engagée à Bruxelles aux violences qui frappent les populations de l’est de la RDC. Il dénonce les massacres de civils, les violences sexuelles et l’exploitation des ressources naturelles congolaises, dont il impute une part de responsabilité au Rwanda.
« Où est la justice pour nos 10 millions de morts à l’Est ? Où est la justice pour nos femmes violées à Goma, à Bukavu, à Rutshuru ? Où est la justice pour nos minerais volés chaque nuit, chaque jour, et qui partent par le Rwanda ? », s’interroge-t-il.
À travers ces questions, il réclame une attention judiciaire comparable aux souffrances des populations congolaises et aux accusations portées contre Kigali. Il considère que les procédures visant des proches du chef de l’État ne doivent pas occulter les crimes et les exactions dénoncés dans l’est du pays.
Un appel à soutenir Félix Tshisekedi
Enfin, Jean Thierry Monsenepwo défend le bilan du président Félix Tshisekedi, qu’il juge supérieur à celui de ses prédécesseurs. Il met notamment en avant les initiatives visant à valoriser les ressources minières de la RDC et le partenariat conclu avec les États-Unis, qu’il présente comme une opportunité de mieux faire bénéficier le pays de ses richesses naturelles.
Estimant que les critiques visant l’entourage présidentiel participent d’une stratégie de déstabilisation, il appelle les Congolais qu’il qualifie de « vrais nationalistes » à se mobiliser pour défendre le chef de l’État et les intérêts nationaux.
Il conclut sa déclaration en évoquant les figures historiques de Simon Kimbangu, Patrice Emery Lumumba et Laurent-Désiré Kabila, appelant ses compatriotes à ne pas laisser, selon lui, une campagne de dénigrement atteindre Félix Tshisekedi.
Il sied de noter que les accusations formulées par Jean Thierry Monsenepwo contre le Rwanda et les ONG impliquées dans cette affaire n’établissent cependant pas, à elles seules, l’existence d’une coordination entre ces acteurs. Elles interviennent dans un contexte de tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, alors que la procédure judiciaire à Bruxelles suscite des réactions au sein de la classe politique congolaise.
Provinces26rdc.com
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