Les consultations de Bujumbura ont certes permis une avancée, mais elles ne suffisent pas à sortir le pays de l’impasse politique et sécuritaire, car elles ne sont pas inclusives. Telle est la position de Joseph Olenghankoy. Le président du Conseil national de suivi de l’Accord et du processus électoral (CNSA) a, d’ailleurs, réaffirmé sa conviction selon laquelle « l’unique alternative à la guerre qui secoue l’est de la RDC, c’est le dialogue inclusif, sans aucune exclusion ».
« Aucun acteur ne doit être exclu ». Pour le sage de la République, l’initiative du chef de l’État burundais aurait eu une portée plus décisive si elle avait réuni l’ensemble des protagonistes de la crise congolaise en commençant par le président honoraire Joseph Kabila. Il cite aussi la majorité au pouvoir, l’opposition politique, l’opposition armée, l’AFC/M23, les confessions religieuses, la société civile, les jeunes, les femmes et la diaspora.
A en croire le patriarche, ces acteurs sont directement ou indirectement impliqués dans les contradictions qui alimentent la crise actuelle. Leur participation est donc indispensable à l’identification des causes profondes du conflit et à la recherche de solutions consensuelles.
Olenghankoy croît dur comme fer que la dégradation continue de la situation sécuritaire impose une action rapide. Dans sa communication du 7 juillet, il appelle les parties au conflit à respecter le cessez-le-feu et les engagements déjà pris.
De plus, il plaide pour l’adoption de mesures de confiance susceptibles de favoriser la tenue d’un dialogue crédible. « Le temps ne joue plus en faveur de la RDC. Au contraire, il est aujourd’hui notre ennemi, car, la guerre et ses conséquences dévastatrices continuent. Situation que le CNSA condamne fermement. Ce qui signifie que notre pays ne peut plus se permettre de tergiverser ; il est, en effet, urgent que soient mises en place les conditions de l’organisation de ce dialogue, en particulier des mesures de confiance qui puissent permettre à tous ceux qui devraient participer à ces assises de voir leur sécurité physique et politique assurée et ouverte la possibilité de pouvoir y participer librement », a-t-il averti.
À ce titre, le leader des FONUS a recommandé la levée des poursuites judiciaires et des sanctions visant certains acteurs politiques appelés à prendre part aux discussions. Il est question, à ses yeux, de garantir leur participation dans un climat apaisé. Surtout, il a rappelé que le climat propice ne saurait être garanti, s’il subsiste encore des menaces sur l’accalmie politique, notamment à travers des marches et manifestations politiques toujours susceptibles de déborder et de produire des effets incontrôlables.
Toutefois, de telles manifestations étant inhérentes à la démocratie, Olenghankoy recommande aux organisateurs des manifestations de contestation à faire preuve d’un sens élevé de responsabilité et à respecter l’ordre public. Aux autorités urbaines, il demande d’encadrer et d’accompagner, comme il se doit, l’exercice des libertés politiques.
Pour préserver l’accalmie politique et éviter tout effet indésirable lié aux manifestations, Joseph Olenghankoy demande au président de la République de prendre des initiatives susceptibles de suspendre la mise en œuvre de la loi portant organisation du référendum adoptée par le Parlement et récemment déférée devant la Cour constitutionnelle. Selon lui, le débat sur un éventuel changement de la Constitution, dans un contexte marqué par quatre années de guerre, contribue davantage à accentuer les divisions qu’à renforcer la cohésion nationale.
Ouragan / Provinces26rdc.com
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