RDC/Ouganda : Luanoli est devenue une base avancée des UPDF

Cela fait plus de trois mois désormais que les forces ougandaises (UPDF) et congolaises mènent une opération conjointe dans l’est de la RDC pour combattre le groupe armé des ADF, responsable de la mort de plus de 6 000 civils depuis 2013 selon l’épiscopat congolais. À la fin du mois de février, une base avancée de l’armée ougandaise a été installée à Luanoli, village sur les flancs de la montagne, attaqué par les ADF en janvier.

Les débris du toit du centre de santé de Luanoli jonchent le sol depuis l’attaque de présumés des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le village : « Tous les biens de valeur ont disparu, par exemple les médicaments pour faire la césarienne. Et tout a été incendié par les ADF, raconte Espoir. C’était au mois de janvier. »

Cette nuit-là, Espoir et les habitants fuient en entendant les coups de feu dans le centre de Luanoli. Beaucoup se réfugient dans les villages alentour, d’abord à Nobili, ville frontalière avec l’Ouganda. « Au mois de février, Nobili aussi a été attaqué, ce qui a causé une psychose totale, et la population a pris fuite. Nobili a été attaqué, le village de Kikura aussi, maintenant la population ne sait plus quoi faire. Ils n’ont plus d’endroits où partir. »

C’est le cas de Kahambo. À Luanoli, il ne reste plus qu’un simple tas de briques de son ancienne maison, incendiée pendant l’attaque. Depuis que Nobili a également été ciblé par les rebelles, elle cherche encore où s’installer en sécurité. « Je viens ici de temps en temps pour chercher à manger, mais je ne reste pas. Depuis l’attaque, je passe mes nuits vers Nobili, mais pas dans le village, au milieu de la brousse, où je me sens plus en sécurité », explique-t-elle.

L’armée est arrivée trop tard
L’armée ougandaise a installé une base militaire avancée dans le village depuis près de trois semaines. Mais les militaires sont arrivés trop tard, dans la nuit du 27 au 28 février, pour empêcher l’attaque du village voisin de Kikura.

Devant un groupe de journalistes, les soldats font une démonstration de leurs tirs d’artillerie. Selon le lieutenant-colonel Richard Watmon, les ADF sont désormais dispersés dans les montagnes du Rwenzori. « L’ennemi est désormais en petit groupe, alors c’est très difficile de les localiser. Nous avons donc plus besoin de forces sur le terrain que de l’artillerie. L’artillerie est utile seulement quand nous localisons un grand groupe. Nous conduisons maintenant des patrouilles offensives, là où nous suspectons l’ennemi de se cacher. »

D’après lui, 16 combattants des ADF ont été tués par ses hommes après l’attaque du village de Kikura.

Ituri : l’ONG CRDH qualifie les opérations conjointes FARDC-UPDF de « mal planifiées »

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Les rebelles ougandais de l’ADF actifs dans le sud du territoire d’Irumu en Ituri ont de nouveau tué au total 52 civils en l’espace de deux jours selon des informations rapportées à Bunia Actualité par l’ONG dénommée Convention pour le respect des droits de l’homme CRDH très active dans la zone.

Au lendemain de ce nouveau carnage, le responsable de cette structure, antenne de Mambasa craint l’explosion de l’insécurité le long de la route nationale numéro 44 après ce qu’il considère comme une « ouverture d’un couloir aux tueurs vers Mangina ».

La CRDH Mambasa dénonce en effet une « mauvaise planification » des opérations conjointes entre les armées congolaise et ougandaise en cours dans cette région frontalière avec le Nord-Kivu depuis fin novembre dernier.

« Les populations de l’Ouest de la RN4 sont victimes d’une mauvaise planification des opérations FARDC-UPDF. Ces opérations pourchassent les égorgeurs de l’Est vers l’Ouest sans un mécanisme de protection des civils dans des agglomérations situées à l’Ouest. Un couloir libre est ouvert aux égorgeurs dans la brousse de Samboko, jusqu’à 47, Ngubo, Mapimbi, Kandiasa, Makumo, Makuso vers Mangina, pour exposer aussi la RN44 » écrit sur son compte Twitter Gilbert Kasereka Sivamwenda, coordonnateur territorial de cette organisation.

Ce défenseur des droits de l’homme s’inquiète aussi de la lenteur dans la planification des opérations.

« Chères autorités militaires, même une personne qui n’a pas été à l’école militaire peut vous aider à planifier les opérations dans cette brousse de moins de 35km de largeur entre la RN44 et la limite entre les territoires de Beni et Mambasa » poursuit-il.

L’armée ne s’est pas encore prononcée après cette nième tuerie de masse dans une zone pourtant placée sous état de siège et où tous les pouvoirs ont été concentrés entre les mains des officiers militaires et de la police.


RFI / Provinces26rdc.net

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