Le Mouvement de libération du Congo (MLC) n’est pas un parti de « belligérants » ou de « criminels ». C’est la mise au point vigoureuse qu’a faite Ève Bazaïba, cadre historique de la formation politique et actuelle ministre de l’Environnement, ce mercredi 30 septembre 2026 à Lubumbashi. À l’occasion de la commémoration du 28ᵉ anniversaire du parti de Jean-Pierre Bemba, elle est montée au créneau pour répondre aux vagues de critiques et d’accusations qui ciblent régulièrement le leader du MLC sur les plateformes numériques.
Face aux militants réunis dans le chef-lieu de la province du Haut-Katanga, Ève Bazaïba n’a pas mâché ses mots pour balayer ce qu’elle qualifie d’« amusements » et de manipulations politiques de l’histoire récente du pays.
Alors que le MLC, aujourd’hui pilier de la coalition au pouvoir (l’Union sacrée), subit régulièrement les assauts de détracteurs le dépeignant comme une ancienne rébellion armée sans légitimité démocratique, la secrétaire générale honoraire a brandi l’argument juridique :
« À vous qui vous amusez sur les réseaux sociaux pour dire : “Bemba, criminel, il a pris les armes, c’est un belligérant”, qui l’a condamné ? » s’est-elle interrogée de manière rhétorique devant une assistance acquise à sa cause.
Par cette formule, Mme Bazaïba rappelle implicitement l’acquittement total de Jean-Pierre Bemba par la Cour pénale internationale (CPI) en 2018, une décision qui, pour le parti, a définitivement lavé le nom de son président des accusations liées aux guerres passées.
De la rébellion à la gestion de l’État
Pour les dirigeants du MLC, l’histoire de la transition en République démocratique du Congo ne peut être réécrite au gré des publications sur internet. Né en 1998 comme mouvement rebelle dans le contexte de la deuxième guerre du Congo, le MLC s’est mué en parti politique à la suite des accords de Sun City en 2002.
En célébrant ses 28 ans d’existence, le parti tient à rappeler son évolution : Le MLC met en avant son rôle dans le partage du pouvoir et la réunification du territoire national au début des années 2000. Jean-Pierre Bemba a occupé des fonctions de premier plan, de la vice-présidence de la République pendant la transition « 1+4 » jusqu’à ses portefeuilles ministériels récents (Défense, puis Transports) sous l’administration Tshisekedi. Le parti revendique sa participation constante aux différents cycles électoraux et sa gestion de plusieurs provinces et ministères.
À Lubumbashi, fief politique traditionnellement disputé, cette démonstration de force et ce discours offensif prouvent que le MLC entend bien défendre son héritage et consolider sa place sur l’échiquier politique congolais, loin des tumultes virtuels.
FOX / Provinces26rdc.com
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