Peut-on engager une réforme constitutionnelle alors que l’Est de la République démocratique du Congo continue de vivre au rythme de la guerre et des déplacements massifs de populations ? C’est l’interpellation majeure du député national Daniel Furaha Uma au chef de l’Etat. Dans une lettre ouverte adressée lundi 29 juin à Kinshasa au Président Félix Tshisekedi, cet élu de Mahagi (Ituri) et membre de la coalition au pouvoir (Union sacrée) appelle à surseoir à tout débat sur la Constitution tant que la sécurité n’est pas rétablie.
Pour ce parlementaire de l’Ituri, mener une révision ou un changement de la loi fondamentale dans le contexte actuel priverait une partie importante de la population congolaise de son droit d’expression. Daniel Furaha Uma refuse de voir un débat aussi crucial confiné aux salons politiques de la capitale :
« Comment demander à un citoyen de se concentrer sur le choix constitutionnel abstrait alors que sa priorité consiste à échapper à des balles, à trouver à manger dans des camps déplacés ? (…) Si nous qui sommes à Kinshasa décidons dans nos bureaux climatisés d’avancer sur cette voie, ça risque de devenir un arrangement entre ceux qui sont en sécurité ».
Il rappelle avec insistance qu’une Constitution ne se résume pas à des articles de loi alignés sur du papier, mais qu’elle constitue avant tout un contrat social et un « pacte de vivre-ensemble » pour la nation.
Les quatre piliers indispensables avant toute révision institutionnelle
Face à « l’agression rwandaise via les rebelles de l’AFC/M23 , aux massacres terroristes des ADF, ainsi qu’à l’activisme des forces négatives transnationales et locales » qui endeuillent l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, le député national dresse une liste de conditions non négociables pour lui.
Il estime que le chef de l’État doit impérativement faire du règlement de la crise sécuritaire le préalable à tout chantier constitutionnel en garantissant :
- Le rétablissement définitif de la paix ;
- La restauration pleine et entière de l’autorité de l’État ;
- La préservation absolue de l’intégrité territoriale ;
- La consolidation d’un climat national de confiance réciproque.
Ces exigences fondamentales sont, d’après l’élu de l’Union sacrée, les seules garanties capables de donner au processus sa crédibilité, son inclusivité et sa légitimité populaire face aux générations présentes et futures.
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